En Amérique latine

19 novembre 2019 07:40; Act: 19.11.2019 10:17 Print

Le brutal «réveil» social qui a bouleversé le Chili

Les Chiliens ont commémoré lundi les neuf mois de la contestation qui secoue le pays.

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Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis lundi, à Santiago, pour commémorer le début, il y a tout juste un mois, d'un mouvement social sans précédent. Celui-ci a remis en cause le modèle ultralibéral chilien accusé de bénéficier seulement aux plus riches.

«Le Chili s'est réveillé!» ont une fois de plus chanté les manifestants, environ 10 000, sur la Plaza Italia, devenue le centre névralgique du mouvement, a constaté l'AFP. Une mobilisation toutefois bien loin du rassemblement historique du 25 octobre, lorsque 1,2 million de personnes s'étaient réunies pacifiquement sur la place, marquant un tournant dans la contestation.

«Le Chili a changé»

«Je suis venue pour me souvenir d'un mois qui a changé à jamais le Chili. Je pense que le gouvernement pourrait apporter les changements qu'on lui réclame beaucoup plus rapidement», a expliqué à l'AFP, Susana, une comptable de 51 ans. Quelques très rares incidents isolés ont éclaté entre des groupes de manifestants et la police.

Un appel à frauder dans le métro lancé le 18 octobre par des lycéens à Santiago, après une hausse du ticket aux heures de pointe, suivi d'une flambée de violence, s'est transformé en la pire crise sociale connue par le pays sud-américain depuis la fin de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

«Dans une camisole de force»

Jusqu'à cette date, les effets du changement climatique sur le pays et la préparation de la conférence internationale sur le climat COP 25 - depuis annulée - dominaient le débat politique. Aujourd'hui, le pays discute d'une nouvelle Constitution, ainsi que de la façon de réformer les systèmes de santé, d'éducation et de retraites, presque totalement privatisés.

«Au cours des quatre dernières semaines, le Chili a changé. Les Chiliens ont changé, le gouvernement a changé, nous avons tous changé», a admis dimanche le chef de l'État conservateur, Sebastian Piñera qui, à l'instar du Parlement, a dû revoir son programme politique. Vendredi, les partis ont conclu un accord sur l'organisation d'un référendum en avril 2020 pour remplacer la Constitution, héritée de la dictature et accusée de maintenir de fortes inégalités dans la société en limitant drastiquement l'intervention de l'État.

Plus de 15 000 interpellations

«Nous sommes tous conscients que nous étions dans une camisole de force avec cette Constitution héréditaire et pétrifiée», a déclaré l'ex-président de centre gauche Ricardo Lagos (2000-2006), qui était parvenu en 2005 à une révision éliminant les principes les plus antidémocratiques.

Le «réveil» a été brutal dans ce pays considéré comme un havre de stabilité politique et loué pour la solidité de son économie: la contestation a fait 22 morts - la plupart dans des incendies lors de pillages et cinq à la suite d'interventions des forces de sécurité - ainsi que plus de 2 000 blessés. Symbole de la répression policière dénoncée par de nombreuses organisations des droits de l'homme, les quelque 200 Chiliens blessés aux yeux, parfois jusqu'à en perdre la vue, par des tirs de chevrotine en caoutchouc utilisés contre les manifestants.

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • un petit avis le 19.11.2019 08:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo pour ce pays qui sait où il souhaite aller !!! Les Mexicains doivent apprendre d eux!!

Les derniers commentaires

  • un petit avis le 19.11.2019 08:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo pour ce pays qui sait où il souhaite aller !!! Les Mexicains doivent apprendre d eux!!