Santé

26 octobre 2017 11:14; Act: 26.10.2017 12:24 Print

Ophélie Winter a aussi été victime du Levothyrox

Comme de nombreux patients, la chanteuse a révélé avoir souffert de graves effets secondaires, après le changement de formule du médicament.

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Les apparitions publiques d'Ophélie Winter se font très rares. (photo: AFP/Jacques Demarthon)

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«Pardon pour ma discrétion sur les réseaux sociaux, mais ces dernières semaines n'ont pas été des plus agréables», a écrit jeudi Ophélie Winter sur son compte Instagram. «Comme plus de 400 000 femmes en France, les effets secondaires du Levothyrox ont été insupportables (...) j'ai dû malheureusement, contrainte et forcée, annuler et refuser plusieurs engagements et événements professionnels très importants pour moi». «Je souhaite beaucoup de courage, de force et d'amour aux femmes qui endurent la même souffrance de ces effets secondaires», conclut-elle.

Mise sur le marché en mars, la nouvelle formule de ce médicament fabriqué par le laboratoire Merck Serono, filiale du groupe allemand dont le siège français se trouve à Lyon, a entraîné chez certains de lourds effets secondaires (crampes, fatigue intense, maux de tête, vertiges, perte de cheveux...) chez de nombreux patients.

10 000 euros d'indemnités

Mercredi, plus de cent assignations contre le laboratoire allemand Merck ont été déposées devant la justice française, dans le cadre d'une action collective, a indiqué l'avocat des plaignants. Une première audience a été fixée au 19 décembre devant le tribunal d'instance de Lyon (est). «Après ces 108 premières assignations, ce sont quelque 3 500 plaignants qui seront réunis à terme dans cette action collective et conjointe visant à obtenir rapidement l'indemnisation des malades» de la thyroïde, a précisé Me Christophe Lèguevaques. «Quelque 1 200 dossiers sont déjà en cours de constitution. Chaque jour, une trentaine sont déposés au cabinet».

Me Lèguevaques sollicite dans le cadre de l'assignation une indemnité forfaitaire de 10 000 euros pour réparer les préjudices moraux subis par chaque demandeur. «Soit 5 000 euros de préjudice résultant du défaut d'information et 5 000 euros provenant du préjudice d'angoisse».

3 millions de patients

Face à la colère des patients, l'ancienne formule du médicament a fait son retour dans les pharmacies françaises le 2 octobre, mais en quantités limitées. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a également indiqué que les malades disposeraient de cinq médicaments offrant une alternative au Levothyrox, à partir de mi-novembre.

La nouvelle formule du Levothyrox a conduit la justice à ouvrir une enquête. Des perquisitions ont eu lieu au siège de Merck à Lyon et au siège de l'ANSM, l'agence du médicament. Au total, trois millions de patients prennent ce médicament en France (premier marché mondial) pour soigner l'hypothyroïdie ou à la suite d'une opération de cancer de la thyroïde.

(MC/L'essentiel/AFP)