Gerard Lopez

09 janvier 2020 14:28; Act: 09.01.2020 16:29 Print

Une société au Luxembourg pour gérer le LOSC

LUXEMBOURG/LILLE - Le président luxembourgeois du club de foot de Lille a créé une société au Grand-Duché pour contrôler le club. En raison du Brexit?

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Gerard Lopez a réfléchi aux conséquences du Brexit. (photo: AFP/Francois lo Presti)

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Pour gérer son club de foot du LOSC (Lille olympique sporting club), actuel 4e de Ligue 1, l'homme d'affaires luxembourgo-espagnol, Gerard Lopez, avait créé un montage financier impliquant quatre sociétés, imbriquées les unes dans les autres: L Holding en France, Lux Royalty au Luxembourg, Victory Soccer Limited à Londres et Chimera Consulting à Hong Kong. Et, annonce France Info, Gerard Lopez vient de créer une cinquième société: Victory Soccer Luxembourg, basée, comme son nom l'indique, au Grand-Duché.

Celle-ci a été officiellement enregistrée au registre du commerce luxembourgeois ce mercredi, après avoir été fondée le 23 décembre. Il s'agit d'une filiale à 100% de Chimera Consulting, le maillon hongkongais de la chaîne. La société dotée d'un capital de 20 000 euros compte trois gérants: Gerard Lopez, Claude Zimmer, un financier luxembourgeois qui siège dans d'autres sociétés liées au LOSC, et Farah El Messiri, une collaboratrice de Zimmer.

«Nous réfléchissons aux conséquences du Brexit»

C'est ensuite que ça se complique un peu pour les non-initiés... Victory Soccer Luxembourg a repris, explique France Info, les 80% que Chimera Consulting détenait dans Victory Soccer Limited, la société de Londres. Celle-ci, fondée en 2014, devait devenir la maison mère du LOSC. Et elle possède, au Luxembourg, Lux Royalty, via laquelle Gerard Lopez effectue d'importants emprunts obligataires pour financer son club de football, notamment auprès d'Elliott Management, un fonds américain. Victory Soccer Limited détient aussi Scoutly Limited, en Grande-Bretagne, qui gère les activités des superviseurs et recruteurs sous la houlette de Luis Campos, conseiller sportif de Gerard Lopez.

Avec toutes ces branches implantées en Grande-Bretagne, le Brexit risquait de venir perturber la donne. Les échanges de biens, services et capitaux, pourraient en effet faire l'objet de droits douaniers. Or, Scoutly facture ses services au LOSC. Et Gerard Lopez envisageait, en septembre dernier, que la société propose ses services à d'autres clubs européens. Même si le Brexit n'est pas officiellement la cause de la création de la nouvelle société luxembourgeoise, il est probable qu'il ait joué un rôle. Ainsi, le 9 décembre dernier, Gerard Lopez expliquait à L'équipe qu'«un des critères de rachat du LOSC était sa proximité avec la City de Londres. Nous y avons basé la holding qui détient le club. Nous réfléchissons aux conséquences du Brexit. Nous serons pragmatiques. Si cela affecte notre processus de décision, nous ne resterons pas».

(jw/L'essentiel)