L'escalade – 100 000 habitants de Gaza appelés à évacuer

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L'escalade100 000 habitants de Gaza appelés à évacuer

L'armée israélienne a appelé 100 000 habitants du nord de la bande de Gaza a évacuer leur domicile, ont annoncé des sources militaires.

«Environ 100 000 personnes» ont reçu des messages pour évacuer leur domicile, selon ces sources, tandis que des habitants de l'enclave palestinienne ont déclaré à l'AFP avoir reçu des appels et des SMS en ce sens des forces israéliennes. Celles-ci ont promis d'intensifier leur offensive qui a déjà fait plus de 200 morts, depuis le 8 juillet.

Tsahal a déjà visé les domiciles de plusieurs responsables du mouvement islamiste, conformément à sa menace d'intensifier ses frappes. Les nouveaux raids israéliens dans la bande de Gaza, dans la nuit de mardi à mercredi, ont coûté la vie à au moins cinq personnes. Le bilan de l'opération israélienne «Bordure protectrice» se monte désormais à 202 Palestiniens tués et près de 1500 blessés en neuf jours.

Le risque d'une intervention terrestre

Une frappe contre une habitation dans la ville de Rafah (sud) a tué deux hommes, a déclaré le porte-parole des services d'urgence. Un autre raid peu après a tué un jeune homme qui était, selon des témoins, un militant islamiste. Une autre frappe a tué un quatrième homme et un jeune homme de 19 ans a été tué dans la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, a ajouté le porte-parole.

De leur côté, les activistes palestiniens ont tiré environ mille roquettes contre le territoire israélien et l’État hébreu a effectué 1 500 tirs contre des cibles à l'intérieur de la bande de Gaza, selon Tsahal. Mercredi, les avions de combat israéliens ont visé à Gaza City l'habitation de Mahmoud al-Zahar, touchée par au moins deux missiles, mais vide au moment des frappes. La maison de Bassem Naim, autre responsable du Hamas, a également été ciblée.

Un Israélien tué

Les bombardements israéliens ont en outre touché les habitations de l'ancien ministre de la Santé, Fathi Hammad et du député du Hamas Ismail al-Ashqar, à Jabalia (nord). Israël avait repris ses raids mardi après-midi sur l'enclave palestinienne, en réponse à des dizaines de tirs «aveugles» de roquettes du Hamas, dont deux ont été détruites en vol au-dessus de Tel Aviv.

«Une solution diplomatique aurait été meilleure; c'est ce que nous avons essayé de faire lorsque nous avons accepté la proposition de trêve de l'Egypte. Mais le Hamas ne nous a pas laissé d'autre choix que d'étendre et d'intensifier notre campagne contre lui», a affirmé le premier ministre Benyamin Netanyahou.

L'escalade de la violence

Sa déclaration a coïncidé avec l'annonce de la mort d'un Israélien par un tir de roquette au passage d'Erez, entre Israël et Gaza, la première victime israélienne depuis le début le 8 juillet de l'offensive aérienne contre Gaza, et l'intensification des tirs palestiniens.

Selon les secours israéliens, ce civil de 37 ans, originaire de la colonie de Beit Aryeh en Cisjordanie, était venu distribuer de la nourriture aux soldats postés dans le secteur. Israël n'a pas pour autant encore déclenché d'opération terrestre bien que l'armée ait ostensiblement déployé des troupes d'infanterie et des chars aux abords de Gaza.

Inquiétudes dans le monde

Le Hamas, considéré par Israël, les États-Unis et l'Union européenne comme une «organisation terroriste», a expliqué son rejet de l'initiative égyptienne en affirmant n'en avoir eu connaissance que par les médias. Pour lui, aucune trêve n'est envisageable sans un accord global sur la fin du blocus de Gaza en place depuis 2006, l'ouverture du poste-frontière avec l'Égypte et la libération de détenus.

Dans la journée de mardi, plus de 100 roquettes et obus ont encore atteint Israël, dont une dans la région de Haïfa, à 160 km au nord de Gaza. En huit jours, 960 projectiles ont touché Israël selon l'armée. Cette nouvelle spirale de violences a été déclenchée par le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas, lequel a nié, puis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem, pour lequel trois extrémistes juifs doivent être inculpés.

(L'essentiel/AFP)

Abbas en Égypte

D'autres mouvements palestiniens, tels que le Jihad islamique, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) ont dit ne pas avoir encore accepté l'offre égyptienne.

Très en retrait dans la crise, le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a conclu en avril un accord de réconciliation avec le Hamas, est, lui, partisan d'un cessez-le-feu, selon l'agence de presse Wafa. Il est attendu au Caire mercredi, où il devrait avoir des entretiens avec le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, a annoncé son porte-parole.

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