Pénurie d'essence en France – 20 litres et pas une goutte de plus

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Pénurie d'essence en France20 litres et pas une goutte de plus

LUXEMBOURG - Les Français sont peut-être tentés de remplir des jerricanes au Luxembourg, en plus de leur réservoir. Ils ne pourront embarquer que 20 litres supplémentaires.

À l’entrée des stations-services luxembourgeoises, même si vous voyez des panneaux indiquant qu’il est interdit de remplir des bidons d’essence, vous êtes autorisés à le faire, à hauteur de 20 litres. C’est ce qu’a indiqué Nico Düsseldorf, porte-parole des douanes luxembourgeoises, contacté par L’essentiel Online. Il vous faudra cependant utiliser des récipients solides et stables, d’où aucun liquide ne peut sortir. Les simples bouteilles en plastique ne pourront donc être tolérées.

Les Mosellans, privés de 33 stations-services (sur 147) en pénurie partielle ou totale, pourront donc faire un crochet par le Luxembourg mais cette option ne vaut que pour les régions frontalières. Ailleurs en France, la Toile s’organise pour trouver du carburant.

Un millier de stations à sec

Depuis quelques jours, des sites Internet tentent de répertorier les stations-service où les automobilistes peuvent encore faire le plein, ou à l'inverse celles qui sont en rupture d'un ou plusieurs carburants, alors que la situation reste floue. Sur le forum d'automoto.fr, les internautes peuvent signaler, département par département, celles qui sont approvisionnées, en précisant le type de carburant disponible. Des pages consultées des milliers de fois selon les départements.

Truckblog.com, qui s'adresse plus spécialement aux conducteurs de poids lourds, liste plus d'une centaine de stations AS24, destinées à accueillir les camions, en rupture de gasoil. Pour autant, le «système D» montre vite ses limites: le site carbeo.com, qui revendique plusieurs milliers de visiteurs par jour, recense plus de 500 stations à sec à travers toute la France, un nombre très inférieur à celui de plus d'un millier avancé par les professionnels de la grande distribution.

«Après avoir tourné plus de deux heures...»

Sur la Toile, les témoignages racontent peu ou prou tous la même galère. Un automobiliste de l'Essonne raconte avoir «pu mettre de l'essence à 1 heure du matin» dans une station proche d'Arpajon, sans pouvoir remplir son réservoir pour cause de «rationnement de 40 euros maxi par véhicule». «J'ai réussi à faire un plein hier vers minuit après avoir tourné plus de deux heures entre Louviers, Evreux, Tourville, Igoville à la recherche d'une station pleine de SP95!», explique un autre en Normandie, l'une des régions les plus touchées selon les distributeurs indépendants.

Il a fini par trouver son bonheur sur «un bout d'autoroute avec péage» mais a dû délier sa bourse: «le prix au litre a failli m'étrangler: 1,48 €/l de SP 95 E10». «Espérons que mon conseil serve à quelque automobiliste», conclut-il.

Les pompistes tentés d’augmenter les prix

L'assèchement progressif de stations-service a poussé le gouvernement à mettre en garde les pompistes contre des hausses des prix des carburants non justifiées «sous prétexte qu'il y a une perception de rareté». «Il ne faut pas que les pompistes s'amusent, sous prétexte qu'il y a une perception de rareté, à augmenter les prix. Donc j'appelle à la responsabilité», a averti dimanche la ministre de l'Économie, Christine Lagarde. «Nous serons extrêmement attentifs à des comportements qui seraient abusifs et qui seront sanctionnés», a-t-elle souligné, en estimant qu'«il vaudrait peut-être mieux que les acteurs soient responsables et maintiennent les niveaux de prix».

Alors que le Premier ministre François Fillon a encore promis dimanche soir qu'«il n'y aura pas de pénurie» de carburant en France, le mot s'inscrit pourtant en tête des sujets du jour sur Twitter. Certains utilisateurs de la plate-forme de microblogs se contentent d'y faire des commentaires, souvent ironiques, sur la réalité de la menace.

Les médias locaux -journaux régionaux ou radios - ne sont pas en reste. Ils font des points réguliers sur leurs sites Internet sur les stations à sec dans leurs régions, grâce aux informations fournies par leurs lecteurs et leurs auditeurs. L'information circule ensuite via Twitter ou le réseau Facebook. Sur ce dernier, un groupe qui a pris le parti de rire de la situation compte déjà près de 600 membres. L'intitulé: «Pénurie d'essence je m'en fous j'ai un poney!».

L’essentiel Online avec AFP

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