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Espoir pour l'année prochaine2022, l'année de la fin de la pandémie de Covid-19?

Le Covid-19 fait rage depuis deux ans dans le monde et le variant Omicron se répand comme un feu de paille. Malgré tout, l’espoir subsiste que tout ça finisse en 2022.

Le monde, ici en Chine le 25 décembre 2021, a appris à réagir vite face aux multiples résurgences du virus.

Le monde, ici en Chine le 25 décembre 2021, a appris à réagir vite face aux multiples résurgences du virus.

AFP

Il s’est passé deux ans depuis que le Covid-19 a fait apparition en Chine, puis rapidement dans notre quotidien, qui en a été complètement bouleversé. Depuis, les vagues d’infections se succèdent et se ressemblent avec leur cortège de restrictions suivi de réouvertures, souvent prématurées, qui font penser à «Un jour sans fin». À ce jour, la pandémie a fait plus de 5 395 400 morts, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

En valeur absolue, les États-Unis sont le pays le plus touché avec 816 597 décès, suivis par le Brésil (618 392), l’Inde (479 682), la Russie (304 218) et le Mexique (298 759). Le Luxembourg déplore lui 907 décès pour près de 100 000 infections. Et ce n’est pas fini, a d’ailleurs prévenu dernièrement le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus: «Nous avons devant nous un très rude hiver».

Les moyens de maitriser le virus

Mais de nombreux experts en santé publique jugent que le monde a désormais les moyens de maîtriser le virus. Encore faut-il que populations et pouvoirs politiques acceptent de faire des choix parfois difficiles. «Nous avons les outils pour faire rendre gorge à la pandémie: si on les utilise correctement, nous avons le pouvoir d’y mettre fin en 2022», martèle Maria Van Kerkhove, chargée de la lutte contre le Covid à l’OMS, en première ligne depuis l’apparition de la maladie.

Un an après leur arrivée sur le marché, des vaccins ont prouvé leur efficacité contre les formes les plus graves de la maladie, à défaut d’empêcher complètement la transmission, y compris contre les deux variants qui dominent: Delta et Omicron.

Depuis un an, 8,5 milliards de doses ont été administrées et la production mondiale de sérums devrait atteindre 24 milliards de doses en juin. Théoriquement, bien assez pour immuniser la population mondiale.

Mais quand des dizaines de pays ont déjà mis en place des programmes de rappel ou commencé la vaccination des enfants, d’autres peinent à démarrer, même pour vacciner les personnels soignants et les personnes les plus vulnérables.

«Personne n'est en sécurité tant que tout le monde ne l'est pas»

L’inégalité vaccinale – 67% de la population vaccinée dans les pays riches et autour de 10% dans les pays pauvres – est pour l’OMS l’un des principaux obstacles pour stopper la pandémie. «Aucun pays ne pourra se sortir de la pandémie à coups de doses de rappel», a averti le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, estimant que «des programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie, plutôt que d’y mettre fin».

«Personne n’est en sécurité tant que tout le monde ne l’est pas», a-t-il ajouté. «Tant que le virus circule, il mute et peut donner naissance à un variant plus contagieux et plus dangereux». Omicron, détecté fin novembre 2021 en Afrique australe, où le taux de vaccination est faible, en est la preuve, a expliqué à l’AFP Michael Ryan, responsable des urgences de l’OMS: «Le virus a saisi l’opportunité pour évoluer.»

Les pays riches feraient preuve «de myopie en pensant qu’en se vaccinant eux-mêmes, ils se sont débarrassés du problème», a renchéri Gautam Menon, professeur de biologie et de physique à l’université d’Ashoka en Inde. Si les premières études disponibles semblent pointer vers des symptômes moins graves pour les gens infectés par Omicron, les experts veulent rester prudents.

De plus, sa circulation massive présente le risque de donner naissance à un variant contre lequel le monde serait mal armé mais aussi de faire imploser les hôpitaux aux personnels épuisés par deux ans de lutte contre le Covid-19. À noter que l’écrasante majorité des personnes hospitalisées ou décédées sont celles qui n’ont pas été vaccinées.

Émeutes

En 2021, partout dans le monde, se sont répétées les scènes de patients intubés ou alités dans les couloirs, pris en charge par des soignants épuisés. Dehors, dans les rues de pays comme le Brésil ou l’Indonésie, se sont formées des queues interminables de proches à la recherche d’oxygène.

Les images des centaines de bûchers improvisés pour incinérer les morts du Covid en Inde, ont incarné l’ampleur de la perte en vies humaines: officiellement plus de 5,5 millions mais peut-être deux ou trois fois plus, selon l’OMS. Pendant ce temps, le mouvement antivax et antipass s’est radicalisé et des milliers de manifestations ont eu lieu partout dans le monde. Des émeutes ont éclaté notamment aux Pays-Bas et en France, en Guadeloupe, des débordements violents se sont produits jusqu'au Luxembourg.

«Partie des meubles»

Faire partie des meubles

Les experts estiment cependant que l’étape de «pandémie», pourrait bientôt être surmontée. À l’instar de la grippe, le monde pourrait continuer à cohabiter avec le virus, devenu une maladie endémique mais largement maîtrisée, qui ferait «partie des meubles», assure à l’AFP Andrew Noymer, un épidémiologiste de l’Université de Californie. Mais si l’inégalité d’accès aux vaccins reste la même, venant s’agréger aux déséquilibres préexistants entre pays nantis et démunis, des scénarios sombres ne sont pas à exclure.

En guise d’avertissement, un scénario catastrophe hypothétique, récemment élaboré par l’OMS, envisage une pandémie de Covid hors de contrôle, provoquée par des mutations de plus en plus dangereuses, doublée d’une autre pandémie de type Zika.

Dans ce scénario, la confusion, la désinformation et les crises migratoires déclenchées par les maladies réduiraient à néant la confiance dans les autorités politiques et scientifiques, et les systèmes de soin s’effondreraient. C’est dans cette peur que l’OMS pousse ses États membres à lui donner les moyens de se battre. Mais «sommes-nous prêts pour l’avenir?». Pour le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, la réponse est «simple»: «Toujours pas.»

(L'essentiel/AFP)

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