Au Luxembourg – 27 mesures contre la criminalité liée à la drogue
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Au Luxembourg27 mesures contre la criminalité liée à la drogue

LUXEMBOURG - Le gouvernement a adopté un paquet de mesures préventives et répressives sur la criminalité liée aux stupéfiants, présentées ce vendredi.

Cinq ministres, et 27 mesures préventives et répressives contre la criminalité liée à la drogue, le gouvernement veut se montrer actif sur le sujet.

Cinq ministres, et 27 mesures préventives et répressives contre la criminalité liée à la drogue, le gouvernement veut se montrer actif sur le sujet.

«On a voulu une approche globale pour le problème de la criminalité liée à la drogue, avec des mesures préventives et des mesures répressives», explique le ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox. Lui et quatre autres ministres, Paulette Lenert (Santé), Sam Tanson (Justice), Jean Asselborn (Affaires étrangères et Immigration) et Claude Meisch (Éducation nationale, Jeunesse et Enfance) ont présenté un paquet de 27 mesures, dont certaines déjà prévues avant d'être regroupées ici. «On discute beaucoup du travail de la police, qu'il n'est pas assez efficace, qu'il faut plus d'interventions... Mais avant que la police ne doive intervenir, l'enfant est déjà dans la drogue», reprend Henri Kox.

Le plan prévoit donc d'attaquer le problème à la racine, dès l'école. «L'école et tout le secteur éducatif ont une mission, faire grandir les enfants pour qu'ils deviennent des jeunes très forts, qui ont confiance en eux-mêmes», explique Claude Meisch. «Le risque d'être confronté aux drogues est une réalité, on ne peut pas les enfermer». Pour éviter qu'ils ne succombent à la tentation, «il faut qu'ils deviennent assez forts pour dire non». Parmi les mesures concrètes, la prévention contre la drogue sera notamment inscrite au programme scolaire, pour «informer sur les conséquences des drogues, leurs nuisances pour la santé, mais aussi discuter les effets sociaux comme l'isolement». Ces aspects seront abordés à plusieurs reprises à l'école, adaptés à l'âge dès le fondamental, puis au secondaire.

Davantage de lits en désintoxication

Pour ceux qui, d'aventure, tomberaient quand même dans la drogue, la prise en charge sera rendue plus performante, avec une quinzaine de mesures dans le paquet, qui seront mises en œuvre par le ministère de la Santé. L'offre en consultation et de prise en charge des personnes dépendantes sera ainsi étendue dans les régions et certaines fonctions de la structure Abrigado seront décentralisées, tout comme l'offre d'encadrement pour usagers de drogues.

Des activités pour occuper les personnes dépendantes, une structure intégrée pour les femmes toxicomanes (20% de la population d'Abrigado, souvent exposées à des agressions) ou encore davantage de lits de désintoxication dans les hôpitaux sont aussi prévus. Une annexe de la Stëmm vun der Strooss dans le nord du pays, une maison de substitution et une offre de thérapies pour les jeunes font aussi partie des mesures.

«Garantie d'accès»

Mais le paquet comprend aussi des mesures répressives. Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a ainsi évoqué les personnes venant au Luxembourg en situation irrégulière pour y faire commerce de drogue avant de repartir. La législation sera modifiée pour les dissuader, via d'éventuelles poursuites pénales, de venir ou revenir au Grand-Duché. En outre, le centre de rétention du Findel, qui accueille les personnes en voie d'expulsion et affiche souvent complet, verra sa capacité pour les hommes seuls élargie.

Côté police, la grande nouveauté, c'est la garantie à l'accès des bâtiments publics et privés. Ainsi, si une personne sous influence squatte votre entrée d'immeuble, la police pourra la faire déguerpir. Cette «garantie d'accès» fait l'objet d'un projet de loi déposé par Henri Kox. Qui va aussi créer un cadre législatif pour permettre d'équiper, éventuellement, la police en bodycams. Le ministre entend aussi poursuivre le recrutement dans les forces de l'ordre et renforcer la visibilité des agents ou encore continuer les travaux sur la vidéosurveillance. Le tout devra avoir un impact au niveau local, sur le terrain. «Ces mesures doivent être discutées avec les communes, implantées par elles. Ce sont les communes qui savent où sont les plus grands problèmes. Je veux initier de nouveau les plans locaux de sécurité», conclut Henri Kox.

(jw/L'essentiel)

Moins de pression sur le cannabis

Parmi les 27 mesures du plan figure la possibilité de cultiver du cannabis chez soi et l'allègement des sanctions pour les petites quantités transportées ou achetées. Le détail de cette mesure dans cet article.

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