Corruption au Luxembourg – 39% des résidents ont obtenu des passe-droits

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Corruption au Luxembourg39% des résidents ont obtenu des passe-droits

LUXEMBOURG - Selon une enquête, près de 4 résidents sur 10 admettent avoir utilisé, en 2020, leurs relations personnelles pour obtenir une faveur des services de l'État.

2% des résidents ont admis avoir payé un pot-de-vin pour obtenir des privilèges des services publics, indique une enquête de Transparency International, réalisée entre octobre et décembre 2020 et publiée ce mardi. C'est moins que la moyenne européenne (7%) et que les pays voisins (Belgique 10%, France 5%, Allemagne 3%). C'est en Roumanie et en Bulgarie que la pratique est la plus courante (20% et 19%). Les Suédois, eux, sont les plus honnêtes (1%).

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Sans aller jusqu'à payer un dessous de table, 39% des résidents ont admis avoir utilisé leurs relations pour obtenir une faveur des services publics. C'est un peu plus que la moyenne européenne (33%) mais moins que les Belges (40%) et surtout les Français (48%). Les Allemands restent là encore des modèles d'intégrité puisqu'ils ne sont que 21% à avouer avoir fait marcher leurs relations. C'est en République tchèque que ce taux est le plus élevé (57%) et en Estonie (12%) qu'il est le plus bas.

Crise sanitaire oblige, 29% des personnes interrogées au niveau européen ont activé leur réseau pour obtenir un accès privilégié aux soins. Un taux similaire à celui enregistré au Grand-Duché (28%). 29% des résidents ont également utilisé leurs contacts pour obtenir des privilèges dans le secteur de l'éducation, 27% pour obtenir des papiers d'identité et 20% pour avoir des faveurs de la police.

Plus de la moitié des résidents (54%) pensent que la pandémie n'a pas joué sur la corruption, qui est restée stable. Ils ont plutôt confiance en leurs institutions: ils sont seulement entre 7 et 8% à penser que Xavier Bettel, ses ministres et la Chambre sont corrompus. Ils sont d'ailleurs 62% à indiquer que le gouvernement se bat plutôt bien contre la corruption.

Une toute petite proportion (4% et 6%) pense que la majorité des juges et des policiers peuvent être achetés. Ils sont en revanche nettement plus nombreux à avoir des doutes (22% et 23%) sur l'honnêteté des chefs d'entreprises et des banquiers.

(mc/L'essentiel)

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