Coronavirus au Luxembourg – 400 euros de tests par mois pour aller travailler

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Coronavirus au Luxembourg400 euros de tests par mois pour aller travailler

LUXEMBOURG - Le gouvernement va imposer le CovidCheck «3G» (vacciné, testé ou guéri) au travail. Ceux qui refusent le vaccin risquent de devoir (beaucoup) payer pour se rendre au bureau.

Il faudra bientôt être vacciné, guéri ou testé pour accéder à son lieu de travail.

Il faudra bientôt être vacciné, guéri ou testé pour accéder à son lieu de travail.

Faudra-t-il présenter son CovidCheck pour se rendre au travail? Oui, a révélé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, à l'issue du Conseil de gouvernement de lundi. Si des discussions sont encore prévues avec les partenaires sociaux en vue d'un accord, le gouvernement a déjà entériné sa décision et s'est engagé à «déposer le texte», quoi qu'il advienne. Une question de «responsabilité politique et de santé publique», dixit Xavier Bettel, qui a également dit espérer une mise en place généralisée à la mi-janvier.

Jusqu'à présent, le choix avait été laissé aux entreprises de décider ou non de l'instauration d'un passe sanitaire pour se rendre au bureau. Une souplesse qui avait été largement critiquée. Patrick Dury, président du LCGB, avait dénoncé «un chaos», tandis que l'Aleba, premier syndicat du secteur financier, avait insisté sur «la garantie d'accès à son lieu de travail» pour tout salarié.

«La responsabilité du gouvernement»

À l'issue de la conférence de presse de lundi, les syndicats interrogés par L'essentiel se sont montrés moins vindicatifs. L'OGBL et le LCGB ont ainsi tous deux salué «la responsabilité» du gouvernement, sans pour autant se prononcer sur le futur cadre: «Nous avons une position claire du gouvernement, chose que j’approuve [...] Nous attendons désormais beaucoup de clarifications à ce sujet: le cadre légal, les sanctions, tous les détails», répond Nora Back, présidente de l'OGBL, tout en soulignant «la nécessité d'agir».

Patrick Dury va jusqu'à évoquer une possibilité d'accord. Les syndicats savent que le gouvernement ne reculera pas sur une mise en place applicable à tous les travailleurs, mais pas avant début 2022, afin de «laisser le temps» aux personnes pas encore vaccinées de recevoir leurs deux injections, justifie le chef du gouvernement. «Ces mesures visent aussi à protéger les personnes non vaccinées», a poursuivi Xavier Bettel, qui s'est montré lucide sur la gronde que cela pourrait provoquer. «Je ne m'attends pas à recevoir des applaudissements», a-t-il ironisé.

20 euros de tests toutes les 24h

Contrairement aux sorties (restaurants, bars, concerts, sports), où le régime «2G» s'appliquera (vacciné ou guéri), les travailleurs qui continueront de refuser le vaccin auront toujours la possibilité de se faire tester. Mais cela devrait avoir des conséquences sur leur portefeuille et leur niveau de confort. Les tests antigéniques, facturés une vingtaine d'euros, ne sont valides que 24h, tandis que les tests PCR, valables 48h, coûtent une soixantaine d'euros. Au rythme d'un test antigénique par jour, cinq jours par semaine, cela constitue potentiellement un budget de 400 euros par mois... pour se rendre au bureau.

(Thomas Holzer et Jean-François Colin/L'essentiel)

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