30 ans d'Erasmus – 5 millions d'étudiants et un million de bébés
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30 ans d'Erasmus5 millions d'étudiants et un million de bébés

Le programme européen qui fête ses 30 ans cette année a permis à beaucoup d’acquérir des compétences mais pas que…

Plus d'un étudiant sur quatre parti en Erasmus a rencontré son conjoint pendant son séjour à l'étranger.

Plus d'un étudiant sur quatre parti en Erasmus a rencontré son conjoint pendant son séjour à l'étranger.

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Certains gardent le souvenir ému de «L'Auberge espagnole», d'autres vantent une «réussite européenne»: Erasmus, le programme qui a permis à plus de 5 millions de personnes de partir étudier à l'étranger, fête cette année ses 30 ans, dans une Union européenne en plein doute. «C'est une expérience unique», se souvient Lila, deux ans après l'aventure. Son départ à Dublin a permis à cette Française de 24 ans, étudiante en commerce à l'époque et aujourd'hui salariée, de «mûrir, grandir», «d'apprendre sur le plan personnel» et de «rencontrer plein de gens avec qui on garde plus ou moins contact».

C'est le 15 juin 1987 que voit le jour ce programme, baptisé en mémoire d'Erasme, l'un des grands humanistes de la Renaissance. À l'origine, il permettait aux seuls étudiants de partir suivre une année de cursus à l'étranger. Mais il n'a cessé de s'étendre, passant de 11 pays inscrits au départ à 33 pays participants.

En couple grâce à Eramus

Un programme qui permet d’acquérir des compétences mais pas que. Une étude publiée en 2014 estimait que, depuis le lancement d'Erasmus, plus d'un million de bébés sont nés de couples formés lors de ces séjours d'étude. 27% des étudiants affirmaient ainsi avoir rencontré leur conjoint pendant leur séjour à l’étranger.

Quel avenir pour ce programme plébiscité, alors que l'Union européenne n'a jamais autant douté d'elle-même? Les partenaires européens sont «en ce moment même en train de renégocier le futur programme Erasmus+ et regardent de plus près quelle est la volonté politique pour après», souligne le porte-parole d'Erasmus+, Lucas Chevalier.

«Perdre Erasmus serait un choc conséquent pour Oxford»

Si l'enjeu incontournable, selon lui, est celui des «moyens alloués pour répondre à la demande croissante», dans un contexte de fortes contraintes budgétaires, le programme est ébranlé par le vote britannique de l'an dernier sur le Brexit. Certes, pour le directeur des affaires étudiantes à Oxford, Den Moore, le prestigieux établissement «entend rester une communauté florissante et cosmopolite», et «le résultat du référendum britannique ne changera pas cela». «Nos étudiants du monde entier seront aussi chaleureusement accueillis qu'ils l'ont toujours été». «Perdre Erasmus serait un choc conséquent pour Oxford et de nombreuses universités du Royaume-Uni», admet cependant Loren Griffith, directeur de la stratégie internationale à Oxford.

Se voulant rassurant, le ministre britannique des Universités, Jo Johnson, a annoncé en octobre que les règles allaient rester inchangées pour les étudiants de l'UE pour la rentrée 2017/2018, notamment en ce qui concerne les frais d'inscription, et «ce pour l'intégralité de leur cursus». Mais l'incertitude sur la date de sortie du Royaume-Uni de l'UE n'aide pas à y voir clair. Ainsi, la célèbre université de Cambridge a fait part de ses craintes en décembre, indiquant que les demandes d'inscription en provenance de l'UE pour 2017 avaient baissé de 14,1%, passant de 2 651 à 2 277.

(L'essentiel/AFP)

L’Espagne plébiscitée

Au niveau européen, l'Espagne reste la destination phare pour les étudiants étrangers et le premier pays en nombre d'élèves envoyés chez ses partenaires européens. «Le coût de la vie peu élevé et le beau temps» expliquent ce succès, selon le porte-parole d'Erasmus+, Lucas Chevalier. En France, si on regarde le nombre d'étudiants qui partent par rapport au nombre total d'étudiants inscrits sur un campus, on note que l'université de Savoie est au sommet (2,7% de départs en 2012/2013), suivie de l'université de Grenoble (2,13% sur la même période).

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