Confinement au Luxembourg – 69% des personnes actives ont fait du télétravail
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Confinement au Luxembourg69% des personnes actives ont fait du télétravail

LUXEMBOURG - Le Conseil économique et social a rendu son avis sur le télétravail, mardi, et appelé à une révision d'urgence du cadre légal et réglementaire.

Le télétravail a été largement plébiscité durant le confinement mais tout reste à faire pour son encadrement juridique.

Le télétravail a été largement plébiscité durant le confinement mais tout reste à faire pour son encadrement juridique.

Pixabay

Pendant le confinement, 69% des personnes actives (à l’exclusion des personnes étant en chômage partiel et celles étant en congé pour raisons familiales) sont passées au télétravail, généralement sans accord ou écrit formel et de ce fait en dehors du cadre juridique existant, indique ce mardi le Conseil économique et social (CES) dans son avis sur le télétravail au Luxembourg. L'organisme appelle à une révision en urgence du cadre légal et réglementaire pour s'adapter au contexte sanitaire (NDLR: l'accord-cadre européen sur le télétravail date du 11 juillet 2002).

La proportion d'employés qui sont passés au télétravail a plus que triplé en l'espace d'un an (20% en 2019), du fait du confinement. Dans le détail, 48% des télétravailleurs (salariés et indépendants) étaient en télétravail complet, 21% en alternance et 31% ont continué à se rendre quotidiennement sur leur lieu de travail. Le télétravail complet a été particulièrement élevé dans les secteurs de l'enseignement (74%), des services administratifs et financiers (61%) et de la fonction publique (47%).

La crise sanitaire a servi de catalyseur

Même si elle ne porte «que» sur un échantillon de 2 000 personnes résidentes, l'enquête réalisée entre le 29 avril et le 8 mai 2020, illustre bien l'essor du travail chez soi, indépendamment de la crise du coronavirus. 74% des personnes interrogées ont expliqué que leur télétravail était exclusivement dû à la crise sanitaire, mais 8% ont indiqué que la crise n’avait pas entraîné de changements majeurs car elles pratiquaient du télétravail régulier avant.

La crise sanitaire a servi de catalyseur pour beaucoup d’entreprises du secteur privé et pour des administrations publiques pour placer leurs travailleurs en télétravail et ainsi permettre à l’économie luxembourgeoise de continuer à tourner malgré le «lock down», souligne le CES. Selon les prévisions économiques du printemps 2020, il semble en effet que le Luxembourg ait moins «souffert» que d’autres pays de l’Union européenne. Le Grand-Duché connaîtrait une baisse du PIB de 5,50% en 2020, alors que la zone euro devrait enregistrer une contraction record de 7,75% en 2020.

«Ni un droit, ni une obligation»

Le CES met aussi en garde contre la généralisation du télétravail: «S'il venait à s'imposer comme nouveau mode de travail, cela aurait des répercussions négatives sur le budget de l'État (baisse des recettes de la TVA) ainsi que sur l'économie luxembourgeoise, en particulier sur les commerces locaux, du fait de la diminution de la consommation». Le dossier est également loin d'être simple du côté de la sécurité sociale, avec des implications indirectes en matière de prestations sociales, en cas de dépassement du seuil des 25%. Reste donc à trouver le bon dosage entre l’application du télétravail et les pertes budgétaires et économiques liées.

«Une future réglementation ou convention ne prévoira ni un droit ni une obligation au télétravail. Sa mise en place repose sur un accord entre l’employeur et le salarié sur une base de double volontariat. Cet accord vaut aussi bien pour le passage vers le télétravail que pour le retour vers la formule classique du travail au sein de l’entreprise», souligne encore le CES.

(pp/L'essentiel)

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