Etudiante luxembourgeoise – A 21 ans en maison de retraite, mais sans loyer

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Étudiante luxembourgeoiseÀ 21 ans en maison de retraite, mais sans loyer

TRÈVES/LUXEMBOURG – Dans le cadre d'un projet de colocation entre étudiants et seniors, une Luxembourgeoise a choisi de vivre dans une résidence pour personnes âgées.

La Luxembourgeoise Anne Bourgmeyer en train de jouer avec ses colocatrices. Pour l'étudiante, le loyer est gratuit en échange de temps consacré aux seniors.

La Luxembourgeoise Anne Bourgmeyer en train de jouer avec ses colocatrices. Pour l'étudiante, le loyer est gratuit en échange de temps consacré aux seniors.

Harald Tittel

Anne Bourgmeyer est étudiante et se sent parfaitement chez elle à la maison de retraite. Depuis le début de l'année, la jeune femme de 21 ans vit sous le même toit que 160 seniors, à Trèves. Elle dit désormais «faire partie de la résidence». La jeune femme originaire du Luxembourg a emménagé dans le cadre d'un projet de colocation très particulier, qui consiste à bénéficier d'un loyer gratuit en échange d'un peu de temps accordé aux personnes âgées. «C'est vraiment très bien ici. Les anciens ont tant de choses à nous apprendre», explique-t-elle.

Depuis le mois de février, elle a été rejointe par une autre étudiante de Palatinat avec laquelle elle partage désormais un appartement. Selon Anne Bourgmeyer, le projet n'en est devenu que plus vivant. Ensemble, elles ont déjà organisé pas mal de choses, notamment des après-midi cinéma, un événement culinaire, ainsi qu'une soirée disco avec de la musique des années 50 et 60, «une soirée grandement appréciée par les résidents qui ont dansé jusqu'à 23h30, un horaire tardif pour la maison».

Lutter contre l'isolement des résidents

Les étudiantes de la résidence Am Zuckerberg sont tenues de consacrer 35 heures par mois aux résidents avec lesquels elles s'entretiennent, jouent, vont au marché, entre autres. En échange, elles bénéficient d'un loyer gratuit en plein centre de Trèves, ce qui n'est pas négligeable dans une ville où les logements étudiants sont rares. «Cela fonctionne très bien», confirme la directrice de la résidence, Andrea Cremer. «Les étudiantes apportent de la vie dans la maison», ajoute t-elle. Deux autres étudiantes devraient venir compléter le groupe en septembre ou en octobre. Le choix des candidats sera probablement décidé la semaine prochaine.

Selon Andrea Cremer, le projet rencontre globalement un écho positif. On discute tantôt dans le couloir, tantôt au café. La taux de participation aux activités organisées par les étudiantes ne cesse d'augmenter. «Cela a également créé des liens entre les résidents qui ne seraient peut-être pas faits autrement». Une chose est claire: le projet de colocation entre étudiantes et personnes âgées a pour objectif de lutter contre l'isolement des résidents.

La colocation de Trèves est la première du genre en Allemagne

Étudiante en sciences de l'éducation, Anne Bourgmeyer accompagne quelquefois les résidents lors d'une sortie en bateau. Prochainement, elle et ses camarades envisagent de reconfigurer la bibliothèque de la résidence. «Tout le monde est adorable ici. Certains sont plus ouverts que d'autres, mais on s'entend bien avec tout le monde», précise la jeune femme. En plus des étudiantes présentes sur place, quatre autres vivant en dehors de la résidence sont également impliquées dans le projet.

L'idée de créer une colocation entre étudiants et seniors est née aux Pays-Bas où il existe un projet similaire dont l'objectif est le même: lutter contre le «Grijze Druk» (la grisaille) et apporter de la gaieté dans une société toujours plus vieillissante. D'après les recherches d'Andrea Cremer, la colocation de Trèves est la première du genre en Allemagne. «Quand nous avons lancé le projet, nous avons reçu de nombreux appels d'intéressés», confie-t-elle avec enthousiasme.

(L'essentiel/dpa)

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