En Irak – A Falloujah, «mon fils m'a demandé de le tuer»

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En IrakÀ Falloujah, «mon fils m'a demandé de le tuer»

La ville de Falloujah est enfin libérée des mains du groupe État islamique, depuis dimanche. Mais la population a beaucoup souffert.

La ville irakienne de Falloujah a beaucoup souffert de l'emprise du groupe État islamique.

La ville irakienne de Falloujah a beaucoup souffert de l'emprise du groupe État islamique.

Lorsque son fils de cinq ans lui a demandé de le tuer, car il ne supportait plus la faim, Oum Issam a senti qu'elle ne pourrait plus jamais revenir à Falloujah si elle réussissait à fuir la ville irakienne. La libération de la cité ne pourra effacer les profondes cicatrices de ses habitants. Dimanche, les forces irakiennes ont repris le contrôle de cette cité située à une cinquantaine de kilomètres de Bagdad, chassant les derniers jihadistes du groupe État islamique (EI) après plus d'un mois de combats.

Les autorités irakiennes ont affirmé que la ville avait subi peu de destructions, insistant sur leur volonté de permettre aux milliers de civils déplacés, comme Oum Issam et sa famille, de revenir chez eux. Mais la libération de Falloujah ne pourra effacer les profondes cicatrices de ses habitants, soumis pendant plus de deux ans au règne tyrannique de l'EI puis assiégés et affamés lors de la bataille pour la reconquête par les forces pro-gouvernementales.

«Cette ville est maudite»

Après tant de souffrances, Oum Issam estime qu'elle ne pourra plus jamais connaître le bonheur dans sa ville. «Mon fils m'a demandé de le tuer, parce qu'il avait tellement faim qu'il n'en pouvait plus (...) Mon Dieu, vous imaginez, c'est ce qu'il m'a dit, il a cinq ans!», raconte-t-elle, hochant la tête comme pour chasser ce souvenir. Quelques mois plus tôt, elle avait fait une fausse couche, paniquée par un bombardement aérien sur un bâtiment voisin de l'hôpital où elle se trouvait. «J'ai perdu mes jumeaux (...) J'étais allée à l'hôpital, car je n'avais plus de nourriture pour mes enfants», raconte-t-elle, en tenant la main d'un de ses neuf enfants.

Derrière elle, dans le camp de déplacés d'Amriyat al-Fallouja, le Conseil norvégien pour les réfugiés distribue des kits de base aux nouveaux arrivants. «Il fait très chaud ici, il y a de la poussière et pas vraiment assez de nourriture ni d'eau mais nous pouvons survivre», dit Oum Issa. «Je ne veux pas revenir à Falloujah. Nous y avons subi trop de choses: les Américains, Al-Qaïda, Daech (acronyme arabe de l'EI), la famine», dit-elle en référence aux combats meurtriers en 2004 à Falloujah entre Al-Qaïda et l'armée américaine. «Je ne sais pas ce qui va suivre, mais cette ville est maudite et je ne veux pas y retourner».

Depuis leur fuite de Falloujah, le 16 juin, elle continue d'attendre son mari, retenu par les forces irakiennes comme des milliers d'autres hommes fuyant la ville, pour des vérifications.

(L'essentiel/AFP)

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