Un luxembourgeois de Kiev – «A Kiev, presque personne ne croit à la guerre»
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Un luxembourgeois de Kiev«À Kiev, presque personne ne croit à la guerre»

LUXEMBOURG/KIEV - Résident luxembourgeois à Kiev, Daniel Porcedda raconte que rien n'a changé dans la capitale ukrainienne. «Aucune panique n'est tangible», dit-il.

Le Luxembourgeois Daniel Porcedda habite à Kiev depuis 23 ans.

Le Luxembourgeois Daniel Porcedda habite à Kiev depuis 23 ans.

«À Kiev, presque personne ne croit à la guerre. La vie continue normalement, aucune panique n’est tangible. On ne note aucune frénésie d’achats dans les magasins, il y a du monde dans les bars, les restaurants». Âgé de 63 ans, Daniel Porcedda, conseiller marketing de sociétés, habite dans la capitale ukrainienne depuis 23 ans. Le sexagénaire reconnaît que «les derniers développements n’incitent guère à l’optimisme» et que «toutes les options restent possibles», car «on ne sait jamais, vu le manque de rationalité du président Poutine», mais «Kiev vit dans l’espoir que rien ne va se passer».

Bien sûr, tant la Crimée que la région minière du Donbass, convoitises du pouvoir russe, sont éloignées de la capitale de l’Ukraine (800 à 900 km), mais Daniel Porcedda trouve «étrange» la présence de troupes russes massées de l’autre côté de la frontière biélorusse, beaucoup plus proche, elle, de Kiev (moins de 250 km). «Si la guerre éclate, on ne pourra de toutes façons, rien y faire», lâche, fataliste, celui dont l’épouse, active dans un cabinet d’avocats, possède la double nationalité, ukrainienne et luxembourgeoise.

«On ne peut pas tout quitter comme cela»

À l’évocation de la consigne, distillée la semaine dernière par le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères, et réitérée ce dimanche, de quitter l’Ukraine, le manager en entreprises rétorque que «tout n’est pas aussi simple!». Certes, dit-il «Mr. Asselborn est très inquiet», et estime «raisonnable d’avertir ses compatriotes sur place d’un danger potentiel». Ainsi, ajoute le résident de Kiev, «il se donne bonne conscience au cas où quelque chose se produirait effectivement». «Mais attendez», coupe le sexagénaire, «on ne peut pas tout quitter comme cela. Imaginez que l’on s’en aille: il y a des risques de perdre son emploi, et puis si une désescalade rapide survient, quid? C’est un énorme risque à prendre. Bref, c’est facile à dire, mais beaucoup plus compliqué à mettre en œuvre».

En réalité, le mouvement migratoire est «actuellement marginal», souligne Daniel. «Seuls les gens vraiment fortunés peuvent se permettre de quitter le pays». Dans son cas, Daniel Porcedda possède une «solution de repli» au Grand-Duché, mais ne compte pas vraiment dessus. «Mon fils habite dans un appartement au Luxembourg avec sa copine, mais vous imaginez bien que ce n’est pas du tout adapté pour nous accueillir sur le long terme, moi-même, mon épouse et sa fille».

Bref, conclut celui qui est arrivé à Kiev à la fin du siècle dernier, «on vit dans l’espoir qu’il ne va rien se passer. Bien sûr, la situation est malsaine, mais on essaye de ne pas trop y penser, car les conséquences d’une guerre à grande échelle serait désastreuse pour tout le monde».

(Jean-François Colin/L'essentiel)

Des nouvelles d'Olivier Thill

Le footballeur international Olivier Thill, actif dans le club ukrainien de Vorskla Poltava, déclarait dimanche à L’essentiel qu’«après un stage de préparation en Turquie qui s’est terminé vendredi, les joueurs ont eu trois jours de libre». Et, ajoute celui qui est le coéquipier de son frère, Vincent, «je reprends l’avion ce lundi à destination de Poltava, où il n’y a rien. Et l’international âgé de 25 ans de conclure que «le championnat d’Ukraine reprendra à coup sûr le week-end prochain si la situation ne change pas». Avec, au menu, une confrontation face à Veres Rivne, dimanche à 13 heures.

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