Collision au Luxembourg – «A quelques minutes près, c'était mon train»
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Collision au Luxembourg«À quelques minutes près, c'était mon train»

LUXEMBOURG - «L'essentiel» a pu recueillir le témoignage du conducteur du train qui précédait le train de marchandises impliqué dans la collision mortelle de mardi.

AFP

Moins d'une semaine après le drame, Alain (le prénom a été modifié) se souvient de chaque seconde de ce mardi 14 février. Et en particulier de ce geste amical, adressé au collègue dans la cabine du train CFL voisin à la gare de Bettembourg. Ce collègue, c'est Manuel Morales, unique victime de la collision qui surviendra quelques minutes plus tard avec un train de marchandises à Dudelange.

«Nous étions arrêtés ensemble à Bettembourg», répète Alain, conducteur SNCF qui témoigne pour L'essentiel. «Nous sommes chacun repartis de notre côté, et j'ai senti peu après une baisse de tension soudaine sur ma ligne, sans doute liée à l'impact. Je précédais le train de marchandises impliqué dans la collision, à quelques minutes près, ça aurait pu être mon train».

«La hantise des conducteurs»

D'abord averti par téléphone qu'un «accrochage» avait eu lieu, sans en mesurer la gravité, Alain n'a pris connaissance des faits que lors d'un transfert vers Rodange en milieu de matinée. «Un collègue conducteur luxembourgeois m'a montré des photos sur son smartphone», glisse Alain qui fait alors tous les rapprochements: le collègue salué, son trajet... Depuis, le drame est dans toutes les têtes et les hypothèses circulent. Lui, qui connaît parfaitement les rails de chaque côté de la frontière, avoue être «dans le flou» et attend impatiemment d'être «rassuré par les conclusions de l'enquête».

«Avec la boite noire manquante, ils pourront tout savoir, si il y a eu freinage d'urgence, si on a sifflé...», glisse le professionnel expérimenté, lui-même ayant déjà été confronté à un dépassement de signal heureusement sans conséquence. «Manquer un feu rouge, c'est la hantise des conducteurs», rappelle-t-il.

Même si le trafic y est dense, Alain n'a jamais été «perturbé» par la conduite sur le sol luxembourgeois et sera à son poste sitôt que le trafic repartira entre la France et le Grand-Duché, a priori mardi. «Je pense tout de même que je vais lever un peu le pied les premières fois en passant à l'endroit de l'accident», conclut le conducteur, en ayant une pensée pour ce collègue disparu et ses proches.

(Nicolas Chauty/L'essentiel)

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