Pédocriminalité/Eglise – A Reims, la messe de la «honte» après la tempête

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Pédocriminalité/ÉgliseÀ Reims, la messe de la «honte» après la tempête

REIMS - Religieux et croyants se disaient bouleversés, dimanche, par les conclusions de l'édifiant rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Église catholique depuis 1950.

Dans le chœur grandiose de la cathédrale Notre-Dame de Reims, le père Jean-Pierre Laurent débute par ces mots: «Demander pardon!».

Dans le chœur grandiose de la cathédrale Notre-Dame de Reims, le père Jean-Pierre Laurent débute par ces mots: «Demander pardon!».

AFP/Illustration

D'abord la stupéfaction, puis «la honte»: à Reims, religieux et croyants se disaient bouleversés, dimanche, par les conclusions de l'édifiant rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Église catholique depuis 1950. Dans le chœur grandiose de la cathédrale Notre-Dame de Reims, au pied du vitrail bleu flamboyant de la crucifixion, peint par Chagall, le père Jean-Pierre Laurent débute par ces mots: «Demander pardon!»

Il est 9h30. Quelque 200 fidèles lui font face. Ils écoutent, en silence, ses mots résonner dans l'imposant édifice gothique, site historique du sacre des rois de France. Reprenant à son compte les termes du pape François, le père Laurent, recteur de la cathédrale, exprime sa «honte» face au bilan sans appel dressé par la commission Sauvé: 216 000 mineurs victimes de prêtres, diacres et religieux depuis 1950.

«Nous sommes dans l'incompréhension»

«J'ai été sonné», affirme le prêtre. L'institution n'a «pas su entendre l'ampleur du mal subi». Il poursuit: «Les abus ont abîmé et détruit les victimes». «Il ne faut pas nous centrer sur nous, mais sur les victimes», insiste-t-il. «Qu'elles reçoivent justice, qu'elles se reconstruisent, qu'elles retrouvent la paix». À la sortie de la messe, sous un grand soleil glacé, Claire Schwartz, 67 ans, se dit «profondément choquée et attristée». «Les chiffres dévoilés par le rapport sont extrêmement importants et inattendus. Nous sommes dans l'incompréhension», soupire cette dame aux cheveux gris.

À ses côtés, son époux Pierre confesse lui aussi une «grande tristesse». «L'Église doit prendre des mesures pour que tout cela ne se reproduise plus». Mais ça «va prendre du temps», ajoute-t-il. «L'Église mettra plusieurs décennies pour s'en remettre», tranche Sibylle Paillot, 36 ans, doudoune rouge vif face au froid matinal. «Nous sommes surpris par l'ampleur du désastre et surtout honteux d'imaginer que tout cela ait pu se produire», poursuit cette mère de quatre enfants. «Des personnes devront payer. C'est le boulot qui nous reste».

Pas question cependant, dit-elle, de «toucher au secret de la confession», objet d'une vive polémique depuis que le président de la Conférence des évêques de France (CEF), l'archevêque de Reims Mgr Eric de Moulins-Beaufort, a affirmé qu'il était «plus fort que les lois de la République».

(L'essentiel/afp)

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