Réunion de l'UE – Accord de l'UE pour recapitaliser ses banques
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Réunion de l'UEAccord de l'UE pour recapitaliser ses banques

L'Union européenne est parvenue mercredi à un accord sur la recapitalisation de ses banques, au cours d'un sommet des 27 à Bruxelles. Sarkozy et Merkel comptent désormais négocier avec les banques grecques.

Jean-Claude Juncker a prévenu au début de la réunion de 18h que tout ne serait pas validé ce mercredi.

Jean-Claude Juncker a prévenu au début de la réunion de 18h que tout ne serait pas validé ce mercredi.

AFP

"Nous nous sommes mis d'accord sur la recapitalisation des banques qui doit être l'un de nos principaux objectifs", a déclaré Le Premier ministre polonais Donald Tusk au cours d'une conférence de presse.
L'accord prévoit que les fonds propres durs des banques (capital social et bénéfices mis en réserve) atteignent 9%, un objectif qui "devra être atteint au 30 juin 2012", selon le texte, qui précise que pour y parvenir, "les banques devront faire appel en priorité à des sources de capital privées, y compris par des restructurations et la conversion de dette en capital".

Le texte ajoute qu'en attendant que l'objectif de 9% soit atteint, "les banques devraient être sujettes à certaines contraintes concernant la distribution de dividendes et le paiement de primes". Le document ne mentionne pas en revanche le montant total de la recapitalisation des banques, évalué à 108 milliards d'euros selon des sources européennes. Ce chiffre "sera annoncé en temps utile par les autorités européennes", a précisé le ministre polonais des Finances, Jacek Rostowski, devant la presse. Ce montant dépendra en effet du niveau de la dette grecque qui sera effacé par les banques, qui faisait encore l'objet de négociations mercredi. Les banques renâclent à accepter des pertes supérieures à 50%.

Les Européens s'étaient engagés en juillet à renforcer les fonds propres de leurs banques, en les contraignant à mettre en réserve des fonds propres représentant 7% d'ici à 2019, mais les craintes pesant actuellement sur le secteur bancaire les ont conduits à accélérer nettement la manoeuvre.
"Il faut bien comprendre qu'il s'agit d'une procédure exceptionnelle", qui ne "se reproduira pas" et "ne sera pas permanente", a insisté M. Rostowski.

Sarkozy et Merkel comptent aller négocier avec les banques

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel veulent aller eux-mêmes négocier dans la nuit avec les banques créancières de la Grèce pour les convaincre d'accepter une perte d'un peu plus de 50%, a annoncé mercredi une source gouvernementale européenne.
"Ils veulent aller voir ce soir les banques" dans ce but, a indiqué cette source.

L'initative intervient alors que les négociations menées en ce sens depuis plusieurs jours entre les gouvernements européens et les représentants du secteur bancaire peinent à avancer. La France et l'Allemagne sont à présent d'accord pour demander au total des pertes "d'un peu plus de 50%" aux banques privées sur la valeur des créances qu'elles détiennent sur la Grèce, selon cette source. Et ce avec l'objectif de ramener la proportion de dette publique grecque par rapport à son Produit intérieur brut de 160% aujourd'hui à 120% en 2020. Cela se ferait via un effacement en volume de 100 milliards d'euros sur les 210 milliards d'euros que les banques détiennent.

Au total, la dette publique grecque est d'environ 350 milliards d'euros. En outre, selon le scénario sur la table des discussions, les banques privées renouvelleraient à échéance les 110 milliards d'euros de créances restantes dans leurs portefeuilles, à des conditions plus favorables pour Athènes. Ce qui permettrait d'arriver à une "décote" (ou perte) "d'un peu plus de 50%" au final. Toutefois, les tractations avec les banques achoppent sur des garanties ("collatéraux", dans le jargon financier) qu'elles réclament en échangent de ses pertes, selon la source.

(L'essentiel Online/AFP)

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