Emirats arabes unis – Accueil mitigé pour le nouveau week-end décalé

Publié

Émirats arabes unisAccueil mitigé pour le nouveau week-end décalé

Les Émirats arabes unis ont reculé le week-end d’un jour, pour se caler sur samedi-dimanche. Mais le secteur privé n’est pas chaud pour travailler le vendredi, jour de prière.

La semaine de travail a en outre été réduite à quatre jours et demi, jusqu’au vendredi à midi, pour les employés du secteur public.

La semaine de travail a en outre été réduite à quatre jours et demi, jusqu’au vendredi à midi, pour les employés du secteur public.

AFP

«C’est la première fois que je travaille un vendredi, ça fait un peu bizarre». Comme Ahmad Bilbisi, de nombreux résidents aux Émirats arabes unis ont dû modifier leurs habitudes en ce premier vendredi de l’année, le riche pays musulman du golfe Persique ayant officiellement fait passer le week-end de vendredi-samedi à samedi-dimanche.

Avec l’abandon du week-end le vendredi, jour de la grande prière dans les pays musulmans, les Émirats sont ainsi devenus le seul État du Golfe à s’aligner sur la majorité des pays occidentaux, le rendant plus attractif pour les entreprises et travailleurs étrangers.

Et depuis le 1er janvier, la semaine de travail a aussi été réduite à quatre jours et demi, jusqu’au vendredi à midi, pour les employés du secteur public et les écoles. La grande prière hebdomadaire débute désormais le vendredi, après 13h00, dans ce pays, l’un des plus influents du Golfe.

Liberté de choix pour le secteur privé

Cette nouvelle organisation du travail semble toutefois avoir reçu un accueil mitigé, notamment dans le secteur privé, qui reste libre de choisir sa semaine de travail, n’étant pas concerné par les nouvelles mesures. «Je préfère que le vendredi soit un jour de congé», dit Rachel King, une Britannique de 22 ans qui travaille depuis six mois à Dubaï, dans l’industrie hospitalière.

«Nous nous sommes habitués à avoir congé le vendredi, mais maintenant nous allons devoir passer au samedi». Jusqu’en 2006, les Émirats avaient un week-end jeudi-vendredi, avant de passer au vendredi-samedi.

«Notre vie de famille risque d’être ruinée…»

Dans le centre de Dubaï, le quartier financier est particulièrement calme en ce vendredi, un grand nombre d’employés faisant du télétravail en raison de la hausse des cas de Covid-19, tandis que certains écoliers ont des cours à distance. Mais dans les mosquées, plusieurs fidèles sont arrivés comme à leur habitude, avec un tapis sous le bras, pour faire leurs prières avant de se diriger vers leurs bureaux.

Cette situation peut compliquer la tâche des familles. «Heureusement, j’ai droit aux mêmes jours de congé que mes enfants, mais ce n’est pas le cas de mon mari», témoigne Fati, salariée d’une société internationale de distribution. «Il est employé dans une multinationale qui n’a pas changé ses horaires pour le moment. J’espère qu’elle le fera rapidement, sinon notre vie de famille sera ruinée».

«Cette journée sera longue…»

Le nouveau week-end a d’ailleurs suscité beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. «Ce n’est pas juste», a critiqué un internaute. «Mon corps et mon esprit sont habitués à avoir congé le vendredi. Je crois que cette journée sera longue et difficile», se plaint-il. Pour faire taire les critiques, Charjah, l’un des sept émirats de la fédération, a quant à lui opté pour une autre solution: un week-end de trois jours, de vendredi à dimanche.

Près du tiers des entreprises interrogées par l’institut Mercer, pour le sondage, disent s’inquiéter de l’impact de la réorganisation du travail sur leurs activités dans la région. «Nous travaillons beaucoup avec l’Égypte et l’Arabie saoudite», explique Rana, salariée d’une grande entreprise du secteur de l’événementiel, affirmant qu’une partie de son équipe va devoir travailler les dimanches. Pour Ahmad Bilbisi, 34 ans, employé dans le secteur bancaire, cette réorganisation du travail «fait sens», surtout dans son domaine: «Maintenant, nous allons travailler le même jour que le reste du monde.»

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion