Asile au Luxembourg – Accueillir 515 migrants d'ici 2016, un vrai défi
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Asile au LuxembourgAccueillir 515 migrants d'ici 2016, un vrai défi

LUXEMBOURG - Le pays doit recevoir, d'ici deux ans, plusieurs centaines de migrants pour soulager l'Italie et la Grèce. Il va donc falloir assurer leur accueil et leur intégration.

La Commission européenne a demandé mercredi aux États membres de l'UE de prendre en charge 40 000 demandeurs d'asile originaires de Syrie et d’Érythrée arrivés en Italie et Grèce, en signe de solidarité avec ces deux derniers pays.

La Commission européenne a demandé mercredi aux États membres de l'UE de prendre en charge 40 000 demandeurs d'asile originaires de Syrie et d’Érythrée arrivés en Italie et Grèce, en signe de solidarité avec ces deux derniers pays.

AFP

«Le Luxembourg est prêt à accueillir d’autres migrants», déclare la ministre de la Famille et de l’Intégration, Corinne Cahen (DP), contactée par L’essentiel. Le Luxembourg a en effet été invité par la Commission européenne à accueillir 515 personnes d’ici 2016, dont 368 migrants en provenance d'Italie (221) et de Grèce (147). Un chiffre auquel s'ajoutent les 147 réfugiés en provenance de Syrie que le Grand-Duché s'est déjà engagé à prendre en charge.

Ces 515 migrants doivent arriver dans le pays progressivement d'ici 2016, et non pas en une seule fois. Selon ce plan présenté mercredi par la Commission, la France s’engagerait, elle, à recevoir 9 127 migrants, l’Allemagne 11 849 et la Belgique 1 854. Tous les pays de l'UE ont été invités à faire de même et cela afin de partager la prise en charge de 40 000 demandeurs d'asile et soulager l'Italie et la Grèce. La Commission européenne a fixé un nombre de personnes à accueillir selon le pays. Un nombre basé sur quatre critères: PIB, population, taux de chômage et nombre de demandes d'asile déjà enregistrées par le pays. Pour ce qui est de la mise en place au Luxembourg de ce plan européen, c'est le gouvernement luxembourgeois qui doit décider. «Nous allons aborder la question lors du prochain Conseil de gouvernement», affirme Corinne Cahen.

«Ces personnes ont vécu des choses terribles»

La plupart des immigrés susceptibles de venir au Grand-Duché sont originaires de Syrie et d’Érythrée. À cause des conflits en Afrique du Nord et au Proche-Orient, le gouvernement s’attend à devoir accueillir encore plus de personnes dans les prochaines années. Or, les centres d’accueil de l'Office de l'accueil et de l'intégration (OLAI) et de Caritas sont déjà pleins. Une bonne coordination entre le gouvernement et les communes est nécessaire, souligne Corinne Cahen: «Nous devons tous aller dans le même sens». L'ASTI demande pour sa part au gouvernement de s'engager afin de répartir davantage les réfugiés dans le pays. Une tâche qui s'avère difficile. «La majorité des gens ne veulent pas entendre parler des réfugiés», déplore ainsi Sergio Ferreira de l'ASTI.

En attendant, l’intégration des 38 Syriens arrivés en 2014 se poursuit. «Les familles vivent dans quatre endroits différents et s’intègrent assez rapidement, selon la ministre. Les enfants parlent le luxembourgeois et peuvent traduire des choses pour leurs parents». Cette année, le Luxembourg a accueilli 46 nouveaux réfugiés syriens en avril. Une question de solidarité pour le pays. «Ces personnes ont vécu des choses terribles et ont pris un aller simple vers un pays qu’ils ne connaissent pas. Notre rôle est de les aider à s’intégrer le plus vite et le mieux possible», conclut la ministre.

(Joseph Gaulier, Sophia Schülke und Jörg Tschürtz/L'essentiel)

Les conditions pour travailler

Au Luxembourg, les demandeurs de protection internationale, qui veulent obtenir le statut de réfugié, peuvent demander une autorisation d’occupation temporaire (AOT). Celle-ci, à demander à l'Adem, a une durée de six mois renouvelable. La durée d’attente pour l’obtenir est très longue, environ neuf mois. De plus, elle ne donne pas droit à un titre de séjour, ni à l’octroi d’éventuelles indemnités de chômage complet.

Une fois la protection internationale accordée, les personnes sont autorisées à travailler. Elles peuvent exercer une activité salariée ou non salariée, sous réserve de règles applicables dans certains secteurs.

1 000 demandes d'asile par an

Chaque année, plus de 1 000 personnes font une demande de protection internationale au Grand-Duché. Mais seulement très peu de réfugiés obtiennent gain de cause. L'année dernière, ils étaient 145.

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