Boxeur décédé: Accusé de meurtre et de sorcellerie, son adversaire craint pour sa vie

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Boxeur décédéAccusé de meurtre et de sorcellerie, son adversaire craint pour sa vie

Les images de Simiso Buthelezi boxant dans le vide ont fait le tour du monde. Accusé de meurtre sur les réseaux sociaux, son adversaire pense au suicide.

par
Claude-Alain Zufferey
Siphesihle Mntungwa dans les dernières secondes de son combat face à Simiso Buthelezi.

Siphesihle Mntungwa dans les dernières secondes de son combat face à Simiso Buthelezi.

Le week-end dernier, Siphesihle Mntungwa était opposé à Simiso Buthelezi dans un combat pour le titre WBF des poids légers africains. Après dix rounds totalement dominés par le Sud-africain, c’est lui qui est tombé dans les cordes. Puis lorsqu’il s’est remis sur ses jambes, son adversaire s’est inexplicablement dirigé dans le coin opposé du ring et s’est mis à boxer dans le vide.

Ces images ont fait le tour du monde tant elles sont impressionnantes.

Un scanner effectué directement après la rencontre a révélé des lésions cérébrales et une hémorragie interne. Simiso Buthelezi, qui était dans le coma, est finalement décédé deux jours plus tard.

À la suite de cette tragédie, Siphesihle Mntungwa est aujourd’hui accusé de meurtre sur les différents réseaux sociaux. «Dès que Simiso a été hospitalisé, j’ai été fortement critiqué. Je n’en peux plus. Il ne me reste qu’une seule option, c’est de me suicider. Même mes voisins m’envoient les messages les plus horribles, je ne suis plus en sécurité», a commenté le boxeur au Sowetan Live.

Un soutien de famille désespéré

Mais Mntungwa tient à se défendre et précise qu’ils ont combattu à la loyale dans un simple match de boxe et non pas dans un combat à mort: «Mais je n’ai pas tué Simiso. Tout ce que je voulais, c’était gagner ce titre, pour peut-être aider à changer ma vie et celle de ma famille.»

Le Sud-Africain a également expliqué ses conditions de vie très précaires. Il est le seul à travailler dans son foyer. Il doit entretenir son jeune frère, sa tante et ses enfants. «Ma mère est morte quand j’avais quatre ans, mon père est toujours en vie, mais je n’ai pratiquement aucun contact avec lui. Ce titre était censé être un coup de pouce financier, mais maintenant, aux yeux des gens, je suis un meurtrier. Alors que j’aurais aussi pu perdre la vie là-bas.»

«Les gens en font une histoire et prétendent que nous avons utilisé de la sorcellerie. Évidemment, ce n’est pas vrai.»

Mmeli Mkhize entraîneur de Siphesihle Mntungwa

L’entraîneur de Mntungwa confirme que son poulain est au plus bas: «Il a du mal à supporter les accusations en ligne. Les gens en font une histoire et prétendent que nous avons utilisé de la sorcellerie. Évidemment, ce n’est pas vrai. Nous avons surtout peur. Nous n’osons même pas assister aux funérailles», explique Mmeli Mkhize.

La Fédération demande une enquête

La Fédération sud-africaine de boxe a commandé une enquête médicale indépendante. Elle pourrait expliquer comment un coup apparemment léger a pu avoir de telles conséquences. Simiso Buthelezi n’a pratiquement pas pris de coups violents tout au long des dix rounds. Le docteur Buyi Mabaso-Dlamini, qui a soigné la victime dans les minutes qui ont suivi son K.-O., a son idée. «Il est possible qu’il se soit blessé avant de monter sur le ring. Ça peut également être le résultat de blessures accumulées au fil des années.»

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