Au Royaume Uni – Adam, 4 ans, né à Londres et bientôt sans-papiers
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Au Royaume UniAdam, 4 ans, né à Londres et bientôt sans-papiers

Des centaines de milliers de personnes pourraient se retrouver sans statut à cause du Brexit, dont des personnes âgées, des sans-abri. De nombreux mineurs sont aussi concernés.

Photo d’illustration.

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Ils s’appellent Adam ou Nastashia, ils sont Européens et vivent au Royaume-Uni où ils ont été placés dans des foyers ou des familles d’accueil, victimes de parcours chaotiques. Certains de ces enfants risquent désormais de devenir sans-papiers à la suite du Brexit. «Cela signifie qu’ils n’auront pas le droit de vivre au Royaume-Uni», avertit Marianne Lagrue, une responsable de l’association Coram Children’s Legal Centre, qui leur vient en aide. «Ils ne pourront pas accéder aux soins de santé gratuits, travailler, recevoir des allocations, louer un logement, apprendre à conduire et détenir un compte en banque», explique-t-elle à l’AFP.

À 18 ans, ils risquent aussi l’expulsion d’un pays où ils résident souvent de longue date. Car depuis que le Royaume-Uni a définitivement quitté l’orbite de l’Union européenne le 1er janvier, il n’est plus possible de s’y installer librement ou de continuer à y résider sans démarches particulières, comme c’était le cas avant. Si les règles migratoires ont été durcies pour les nouveaux arrivants de l’UE, ceux qui étaient déjà présents sur le sol britannique au 31 décembre 2020 peuvent conserver leurs droits à condition de s’enregistrer, le 30 juin au plus tard, via le «settlement scheme».

«C’est simple si vous avez un emploi»

Ce programme est considéré comme une «réussite» par le gouvernement, avec quelque 5 millions de permis de résidence temporaires ou définitifs octroyés – bien plus que le nombre de ressortissants européens auparavant estimé à plus de 3 millions. Mais il a aussi ses laissés-pour-compte. «C’est simple si vous avez un emploi, que vous vous débrouillez bien avec les technologies numériques (les demandes se faisant principalement en ligne, NDLR) et que vous avez tous vos documents», constate Azmina Siddique, de l’association The Children’s Society, interrogée par l’AFP.

C’est beaucoup plus complexe pour les enfants placés ou les jeunes majeurs l’ayant été: certains peinent à prouver leur identité, fournir les documents de résidence requis ou obtenir le soutien nécessaire à leurs démarches, qui incombent à leur tuteur légal ou aux autorités publiques. L’association Coram cite l’exemple d’Adam, un petit Roumain de 4 ans né à Londres et séparé de sa mère. Il ne peut obtenir de passeport auprès de son ambassade – son père, dont le consentement est nécessaire, est inconnu – et les travailleurs sociaux peinent à prouver son lieu de résidence avant son placement.

«Très traumatisant»

Il y a aussi Nastashia (prénom d’emprunt), 17 ans, en rupture avec sa famille. Née au Royaume-Uni, elle n’a pas de passeport et a rencontré de grandes difficultés pour s’enregistrer. «Beaucoup ne se rendent même pas compte qu’ils ne sont pas Britanniques», souligne Azmina Siddique. L’impact peut être «très traumatisant» et «les freiner dans la vie». Difficile de connaître leur nombre exact, les nationalités des enfants placés n’étant pas recueillies au Royaume-Uni, où la carte d’identité n’existe pas.

Selon le ministère de l’Intérieur, 3 660 jeunes vulnérables (jusqu’à 25 ans) ont été identifiés comme éligibles au statut de résident, dont 67% avaient soumis une demande à fin avril. Un chiffre largement sous-évalué selon les associations qui évoquent jusqu’à 9 000 d’entre eux.

(L'essentiel/afp)

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