Sortie cinéma – «Adieu les cons», une pépite dans l'automne gris
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Sortie cinéma«Adieu les cons», une pépite dans l'automne gris

Le nouveau long métrage d'Albert Dupontel, «Adieu les cons», est une petite pépite de cinéma, qui rayonne dans cet automne 2020 morose.

L'une veut vivre mais ne peut pas, l'autre peut vivre mais ne veut pas. En apprenant qu'elle est malade et qu'elle ne guérira pas, Suze (Virginie Efira, meilleure que jamais) part à la recherche de son enfant, né sous X lorsqu'elle n'avait que 15 ans. Coincée face à une administration numérisée indifférente à l'humain, la coiffeuse quadragénaire rencontre JB (Albert Dupontel), un geek dépressif aux tendances suicidaires. Flanqué d'un archiviste aveugle qui a la phobie de la police (Nicolas Marié), le duo va tout mettre en œuvre pour retrouver le fils de Suze avant qu'il ne soit trop tard… dans une cavale dingue antisystème.

Le récent couvre-feu en France remet en question les dates de sortie des «gros» films français. Trop tard pour annuler celle d'«Adieu les cons», toute la promo a été faite. Grand bien en fasse aux cinéphiles qui ne boudent pas les salles, cette tragédie burlesque sans temps morts d'Albert Dupontel («Au revoir là-haut») mêle brillamment détresse, poésie et romanesque.

Le réalisateur-acteur livre un récit entraînant et plein de surprises, tout en tapant fort sur les travers de la société 2.0. L'image est superbement léchée (la scène de l'ascenseur, wahou!). La bande-son régale également les oreilles. Mais le plus jubilatoire là-dedans, c'est le spectacle de ce trio improbable, drôle et émouvant qui se libère des codes - et des cons - déshumanisés, avec ce si joli vent de folie.

«Adieu les cons»
De et avec Albert Dupontel. Avec Virginie Efira, Nicolas Marié.

(L'essentiel)

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