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Adrien Wira«C'est difficile de faire sortir les ados de leur moule»

LUXEMBOURG – Adrien Wira, Footwear designer, est l'invité de la «Story» de L'essentiel Radio toute la semaine du 4 avril.

Adrien Wira.

Adrien Wira.

La séquence du 7 avril

Adrien Wira fait des baskets pour les autres, mais il a aussi sa propre marque. «J'ai lancé Sole Architect en 2019. J'ai lancé une première série limitée d'une sneaker running axée premium. Je mets l'accent sur la qualité, le confort, la durabilité. Pour le prix, j'ai essayé de trouver un prix raisonnable, entre le marché des grandes marques et le luxe. À l'origine, ma marque était mon projet principal, mais j'ai eu tellement de demandes free lance que c'est presque devenu mon projet B. Je travaille beaucoup plus pour les autres que pour ma marque».

La prochaine sortie de la marque visera surtout les 30-40 ans, plus simples à atteindre que les jeunes. «Les ados sont les plus difficiles, parce qu'ils sont très influencés par les réseaux sociaux, les grands noms du rap, du sport… C'est difficile de les sortir de ce moule».

«Massive Attack est une de mes grosses influences. Ça date, mais c'est toujours d'actualité, certains morceaux ne se démodent pas»

Adrien Wira

La séquence du 6 avril

De l'imagination d'Adrien Wira à votre pied, quel est le parcours d'une basket? Le designer explique. «Une fois que le dessin est fait, il y a toute une partie technique, avec la sélection de la préforme du pied sur laquelle on va faire la chaussure. Ensuite, il y a le choix du matériau, de l'ergonomie… Il y a un peu de tout, selon sur quoi la chaussure est axée, des textiles, du nylon, du cuir… Et ça dépend aussi où on veut produire».

Pour la production, justement, Adrien Wira est «très fan de l'Asie, même si ça peut faire grincer des dents. Si je dois faire une chaussure axée sur la performance, ce sera plutôt en Asie». Sans évoquer les questions de coûts, mais «ils ont les processus d'automatisation propres aux chaussures de perfromance et pour des productions importantes. Je suis allé dans plein d'usines en Asie, je sais que tout le monde travaille bien, en Europe, en Asie… Je n'ai jamais vu de mes propres yeux des enfants travailler. Après, il y a aussi de petites usines familiales en Italie et au Portugal, qui sont plus axées sur le lifestyle, les chaussures principalement en cuir».

Une fois l'usine adéquate trouvée, un prototype est envoyé, qu'il faut corriger, perfectionner. «Il y a parfois plusieurs allers-retours pour le perfectionner, jusqu'à ce que je le juge conforme, avec le client, et qu'il parte en production».

«Taipan est une vieille connaissance, il était au lycée avec moi. On jouait au basket l'un contre l'autre»

Adrien Wira

La séquence du 5 avril

Adrien Wira dessine des sneakers, de la chaussure plutôt lifestyle mais pas que. Il a touché un peu à tous les sports: «J'ai fait des chaussures de marathon, de trail, running, là je suis sur un projet escrime, donc des chaussures beaucoup plus techniques».

Ce sont les clients qui le contactent via ses réseaux sociaux principalement. Le jeune homme, originaire de Lorraine, a fait ses premiers boulots d'étudiants au Luxembourg et s'est toujours dit: «Si je reviens dans le coin, je m'installerai ici».

Adrien a cherché sa voie: fac d'anglais d'abord puis fac d'arts plastiques et finalement master en design produit et un stage de dernière année qui lui a fait pousser la porte d'Adidas, qui lui a ensuite demandé de rester. «Un rêve et puis ça a été ma famille pendant huit ans et demi» . C'est aussi «plein de belles opportunités, un campus assez exceptionnel, c'était assez impressionnant en tant que jeune designer».

«Je suis très hip hop old school, c'est un des premiers albums que j'ai achetés»

Adrien Wira

La séquence du 4 avril

«J'ai travaillé pour de grandes marques, notamment celle aux trois bandes pendant huit ans et demi», a confié le créateur de sneakers Adrien Wira. «J'étais footwear designer donc je dessinais une infime partie des collections kids, training, running, un peu de track and field et un peu de trail». Il le concède: «Les grandes marques c'est un peu la meilleure école pour le métier». Et de raconter qu'Adidas lui a offert des voyages «un peu partout dans le monde» pour s'inspirer, pour visiter les musées, les villes, les magasins, prendre un peu la température, les tendances».

Il a aussi pu visiter les fournisseurs en Chine, en Indonésie et au Vietnam. C'est «une belle carte de visite qui m'a permis de travailler derrière avec d'autres marques connues ou moins connues». Aujourd'hui, il a créé sa marque et imagine des sneakers, depuis l'écran jusqu'à la phase technique (celle qu'il aime le moins) et il croule littéralement sous le travail.

«C'est un morceau issu de "Clockers", un film de Spike Lee de 1995 que j'ai beaucoup aimé»

Adrien Wira
(L'essentiel)

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