«On nous raconte des agressions d'infirmières et de médecins»

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Au Luxembourg«On nous raconte des agressions d'infirmières et de médecins»

LUXEMBOURG – Le CHL reconnaît une hausse du nombre des agressions envers le personnel. Pour y répondre, des formations spécifiques à la «gestion de l’agressivité en milieu hospitalier» sont apparues.

par
Nicolas Martin
Les agressions au CHL sont référencées informatiquement.

Les agressions au CHL sont référencées informatiquement.

«On nous rapporte des agressions contre des infirmiers ou des médecins aux urgences. Le cas d’un soignant étranglé avec un câble de téléphone, d’un autre mordu ou tiré par les cheveux». Directeur de formation à la Lapunti Academy – basée sur le Lapunti, un art martial philippin – Patrice Lallemand a crée avec Raoul Giannuzzi une formation de «gestion de l’agressivité en milieu hospitalier».

«Cela répond à un grand vide. Il s’agit d’apprendre à gérer l’agressivité avec des gestes simples sans blesser l’agresseur, explique-t-il. La formation prévoit quatre heures de théorie, adaptée au milieu professionnel (milieu médical, chauffeur de bus…) et quatre heures de gestes de protection pour apprendre à «gérer une agression en gardant ses distances, à se dégager en souplesse d’un étranglement…».

Pour cet expert, le regain de tensions dans les milieux de soins «n’est pas seulement consécutif au Covid-19. Il y a aussi les temps d’attente qui génèrent un énervement des patients, en plus de facteurs médicaux comme par exemple une démence ou des dépendances».

Système informatique de déclaration d'agressions

Un phénomène réellement constaté dans les hôpitaux? «Au travers nos bilans des dernières années, nous pouvons confirmer une augmentation légère mais constante des agressions à l'encontre du personnel hospitalier, qu’elles soient verbales ou physiques», admet, sans livrer de chiffres, le Centre Hospitalier de Luxembourg (CHL).

L’hôpital est doté d’un système informatique de déclaration d'agressions. «Ces signalements permettent de prendre des mesures adaptées, par exemple en fonction des lieux ou services et des types de facteurs qui favorisent l'agressivité et la violence au sein de l'hôpital. L'un des objectifs principaux est de limiter les circonstances susceptibles de provoquer ou de favoriser les comportements agressifs», précise le CHL.

Les Hôpitaux Robert Schuman indiquent eux disposer d’un «dispositif spécial» et assurent que «les employés suivent des formations régulières de sécurité».

Formation spéciale

S’il se défend d’avoir établi une «"liste" de personnes non admises», le CHL a par ailleurs mis en place une information sous forme de «pop up» sur l'écran lors de l'admission. «Elle renseigne que la personne n'est pas susceptible d'être enregistrée pour des actes programmés non urgents, ceci suite à des comportements dangereux envers notre personnel (agressions physiques, ou verbales répétées extrêmes, menaces), en conformité avec l'article 6 de la loi de 2004 sur les droits des patients», indique l’hôpital. En 2021 moins d’une dizaine de personnes étaient concernées.

Par ailleurs au CHL, les agents de gardiennage reçoivent obligatoirement une formation spéciale dans la «gestion des conflits en milieu hospitalier». Les autres collaborateurs ont la possibilité «de participer à des formations continues aux méthodes opérationnelles de prévention et de la gestion de la violence. L’hôpital précise enfin que «sur chaque portable professionnel se trouve le numéro d’appel d’urgence des agents de sécurité, disponibles 24h sur 24 et 7 jours sur 7».

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