Pilotes en colère – Air France toujours embourbée dans la grève
Publié

Pilotes en colèreAir France toujours embourbée dans la grève

Les pilotes, opposés au développement d'une filiale à bas coût, en sont à leur cinquième jour de grève. La compagnie prévoit un vol sur deux ce vendredi et samedi.

Le conflit est cristallisé autour de la low cost du groupe Transavia.

Le conflit est cristallisé autour de la low cost du groupe Transavia.

AFP

La compagnie a annoncé une légère amélioration du trafic pour la journée, avec «plus de 45%» de vols assurés, contre 42% jeudi. «Pour samedi, Air France prévoit d'assurer 45% de son programme de vols, compte tenu d'un taux de pilotes grévistes estimé à 60% pour cette journée», selon un communiqué. Des chiffres contestés par le premier syndicat de pilotes, le SNPL AF Alpa (majoritaire), qui affirme recenser 80% de grévistes et 85% de vols annulés après décompte des vols opérés pour le compte des filiales ou d'autres compagnies. Ni les propositions de la direction, ni les appels à cesser la grève, notamment du Premier ministre Manuel Valls, n'ont entamé la détermination des pilotes qui mènent la grève la plus longue depuis 1998.

Le conflit est cristallisé autour de la low cost du groupe Transavia. Pour faire face à la concurrence, le groupe AF-KLM veut développer la flotte, ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux. Mais les syndicats redoutent un «dumping social» au sein du groupe et des «délocalisations» au détriment des emplois français. Après avoir proposé mardi de limiter temporairement l'extension de Transavia à 30 avions en France jusqu'en 2019, Air France a mis sur la table mercredi soir une deuxième offre: conclure avec les syndicats un accord délimitant précisément les activités de Transavia. Une proposition «largement insuffisante», a rétorqué Jean-Louis Barber, le président du SNPL. Le deuxième syndicat de pilote, le Spaf juge aussi que cette offre n'est «pas acceptable».

«J'en viens à me demander s'il y a vraiment (chez les syndicats) une volonté de négocier», a observé jeudi le PDG d'Air France KLM, Alexandre de Juniac en rappelant que la grève coûte chaque jour «10 à 15 millions d'euros» à la compagnie, au moment où celle-ci «sort à peine la tête de l'eau». La grève pourrait se prolonger jusqu'à la semaine prochaine. Samedi, le principal syndicat annoncera si ses adhérents décident de reconduire au-delà de lundi le mouvement après un référendum, auquel ont déjà participé 70% des pilotes, selon M. Barber. La compagnie recommande toujours à ses clients ayant un vol d'ici au 22 septembre de reporter leur voyage ou de changer leur billet sans frais.

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion