Carnet noir – Albert Uderzo, dessinateur d'Astérix, est mort

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Carnet noirAlbert Uderzo, dessinateur d'Astérix, est mort

Le dessinateur est décédé à 92 ans d'une crise cardiaque, a annoncé mardi sa famille. Il avait créé le héros gaulois, en compagnie de René Goscinny.

Albert Uderzo avait créé les Aventures d'Astérix, avec René Goscinny.

Albert Uderzo avait créé les Aventures d'Astérix, avec René Goscinny.

AFP/Jeff Pachoud

Le dessinateur Albert Uderzo, créateur avec René Goscinny du personnage d'Astérix, est décédé mardi à l'âge de 92 ans. «Albert Uderzo est mort dans son sommeil, à son domicile, à Neuilly, d'une crise cardiaque sans lien avec le coronavirus. Il était très fatigué depuis plusieurs semaines», a indiqué son gendre Bernard de Choisy. Dessinateur aussi génial que modeste, Albert Uderzo restera évidemment comme le créateur d'Astérix et Obélix mais, toujours avec la complicité de René Goscinny, il avait dessiné «Jehan Pistolet», le corsaire, «Oumpah-Pah», l'Indien, «Luc Junior», reporter ou encore «Benjamin et Benjamine», histoire d'un couple trépidant.

À la mort de René Goscinny, en 1977, Uderzo avait repris seul les Aventures d'Astérix et Obélix, assurant à la fois le scénario et le dessin. «On ne m'a pas fait de cadeaux. Oui, bien sûr, je souffre d'un complexe Goscinny, mais on me le crée aussi», disait-il en référence à la presse jugeant ses albums moins bons que ceux du tandem. Pourtant, ils ont fait un tabac auprès du public. À l'instar d'Hergé pour Tintin, Uderzo ne voulait pas de nouveaux Astérix après sa mort. Il a finalement changé d'avis: en 2011, souffrant d'un rhumatisme articulaire à la main droite, il passa le relais à des auteurs plus jeunes (Jean-Yves Ferri et Didier Conrad), tout en suivant de près leur travail.

Astérix, un succès rapide

Né le 25 avril 1927 à Fismes, Albert naît avec douze doigts. L'anomalie sera corrigée par une opération. L'enfance, à Paris, est modeste mais heureuse. Le jeune homme, qui est daltonien, découvre le dessin à la Société parisienne d'édition qui publie «Les pieds nickelés». Après la guerre, il lance des héros comme «Belloy l'invulnérable», «Flamberge», «Clopinard» ou «Arys Buck», un hercule accompagné (déjà) d'un petit compagnon casqué. Il travaille, entre autres, pour France-Dimanche et France-Soir.

C'est une période de vache enragée: «Vivre de la BD était très dur à l'époque, disait-il». En 1951, il rencontre Goscinny, début d'une collaboration fraternelle de 26 ans. En 1959, dans une HLM de Bobigny, où habite Uderzo, entre cigarettes et pastis, ils inventent un nouvel univers tout en «ix», avec une bande d'irréductibles Armoricains. L'idée proviendrait des séjours en Bretagne pendant la guerre du frère aîné d'Albert, Bruno. Antiarchétype du Gaulois viril, Astérix fait son apparition dans le magazine «Pilote» en octobre 1959. Le numéro s'arrache. En 1961, paraît «Astérix le Gaulois», premier album d'une longue série (38 albums à ce jour). Rapidement, le dessinateur ne se consacrera plus qu'aux aventures du Gaulois à gros nez.

(L'essentiel/afp)

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