Elections au Belarus – «Aller à la pêche plutôt que d'aller voter»
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Élections au Belarus«Aller à la pêche plutôt que d'aller voter»

Les électeurs du Belarus votaient dimanche aux législatives boycottées par les grands partis d'opposition qui dénoncent des violations de procédures dans cette ex-république soviétique.

Selon le président Loukachenko, aucune critique ne peut être effectuée à l'encontre de l'organisation de ces élections législatives.

Selon le président Loukachenko, aucune critique ne peut être effectuée à l'encontre de l'organisation de ces élections législatives.

AFP

Quelque sept millions d'électeurs sont appelés à se rendre aux urnes jusqu'à 20h, pour choisir les 110 députés du Parlement de ce petit pays de 9,5 millions d'habitants, le plus fermé d'Europe, dirigé d'une main de fer depuis 18 ans par le président Alexandre Loukachenko. Ces législatives sans suspense interviennent près de deux ans après la réélection controversée de M. Loukachenko pour un quatrième mandat, à l'issue de laquelle des dizaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue à Minsk pour dénoncer des fraudes massives.

De nombreuses arrestations et condamnations avaient suivi ces manifestations et un ex-candidat à la présidentielle ainsi qu'une dizaine de militants de l'opposition et défenseurs des droits de l'homme sont toujours en détention. En dépit d'incessants spots publicitaires diffusés à la télévision pour appeler les électeurs à voter aux législatives, peu d'électeurs se rendaient aux urnes à Minsk en début de journée.

«Il n'y a rien à critiquer jusqu'ici»

La Commission centrale électorale a indiqué que le taux de participation en milieu d'après-midi était supérieur à 50%, seuil minimum pour que le scrutin soit valide. Dans un bureau de vote aménagé dans l'une des écoles de la capitale, la retraitée Alla a déclaré avoir voté pour le député pro-Loukachenko de son district, avouant ne pas savoir qui il était ou ce qu'il avait fait au cours des quatre années de la dernière législature. «Je n'ai rien entendu de ses activités au cours de la précédente législature, mais je pense qu'il mérite de me représenter», a-t-elle dit.

M. Loukachenko, qui a voté dans sa circonscription en compagnie de son jeune fils Kolia en costume cravate, a souligné que le scrutin se déroulait calmement: «Il n'y a rien à critiquer jusqu'ici», a-t-il déclaré à des journalistes, en estimant que d'autres pays devraient envier le Belarus. «Ils devraient envier nos élections ennuyeuses, nous n'avons pas besoin de révolutions ou de bouleversements», a assuré M. Loukachenko. Les deux principales formations d'opposition - le Parti civique uni et le Front populaire biélorusse - boycottent le scrutin pour dénoncer de multiples violations des procédures électorales et conseillent aux électeurs d'aller dans leur maison de campagne ou à la pêche plutôt que d'aller voter.

Scrutin qui devrait être sans surprise

«Les autorités biélorusses n'ont pas saisi l'opportunité de faire des réformes démocratiques, de changer les lois électorales et de libérer les prisonniers politiques», a déclaré le leader du Front populaire biélorusse, Alexeï Ianoukevitch, lors d'une conférence dimanche, dénonçant également le «recours à la force contre l'opposition et la censure de candidats». «Ceci nous donne le droit de ne pas reconnaître ce scrutin, quels que soient les résultats», ajoute un communiqué signé par cinq mouvements d'opposition anti-Loukachenko.

Au cours des quatre dernières années, le rôle des députés de la chambre sortante s'est limité pour l'essentiel à entériner les choix de la présidence biélorusse, selon l'opposition et les observateurs. Aucun député critique du pouvoir n'avait été élu aux législatives en 2008, un scénario qui risque fort de se répéter dimanche. Les résultats du scrutin devraient être sans surprise, l'immense majorité des candidats étant loyaux au président Loukachenko. La seule inconnue réside dans la capacité de l'opposition à se mobiliser après la répression accrue contre les contestataires à l'issue de la présidentielle de 2010.

(L'essentiel Online/AFP)

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