«Karma Salsa T. 1/3» – «Ange va conjuguer karma et salsa»
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«Karma Salsa T. 1/3»«Ange va conjuguer karma et salsa»

Ange avait vraiment tout d'un diable. Jusqu'à ce qu'il aille en prison. Initié à la méditation, il en sort transformé. Mais dehors, certains l'attendent!

L'essentiel: Deux scénaristes et un dessinateur pour ce qui sera une trilogie. Comment est né «Karma Salsa»?

Philippe Charlot (coscénariste): C'est Fred Campoy, le dessinateur, qui en a parlé à Joël Callède qui m'en a parlé. Les envies de départ de Fred sont devenues «Karma Salsa». C'est l'histoire d'Ange, un mec hyperviolent qui sort doux comme un agneau de la prison où il a purgé 20 ans. Il y a rencontré Lars, qui l'a initié à la méditation.

Sauf qu'à sa sortie de prison, Ange est très attendu...

Ceux qui l'attendent n'ont pas changé. Ils veulent mettre la main sur deux millions de dollars qu'Ange aurait planqués avant son arrestation. Sandro, un flic véreux, et Pablo, le fils de son ex-patron, sont vraiment prêts à tout.

Devenu non-violent, Ange ne va pas avoir le choix...

S'il a perdu son grand amour, Elena, morte d'une overdose, Ange va apprendre qu'il a une fille, Mélissa. Et cela va tout changer car il va, à nouveau, devoir se battre, non plus par plaisir des coups, mais par amour.

Ange, c'est un sacré client?

Depuis sa jeunesse, son seul moyen d'expression n'a été que la violence. Pour faire baisser ses tensions internes, il doit exploser à intervalles réguliers. Mais en prison, sa rencontre avec Lars, un vieux baba cool passé par toutes les drogues et toutes les expériences, va le conduire sur le chemin de la paix intérieure.

«Karma Salsa», c'est le mélange des contrastes?

Le karma, c'est ce principe des religions indiennes. Cela évoque le bouddhisme, la méditation, la sérénité, le calme. Tout l'inverse de la salsa, cette musique de danse afro-cubaine. La salsa, c'est le mouvement, l'agitation, le bruit. Pour Ange, la salsa, c'est les années avant la prison; le karma, les années en prison. Mais pour sa nouvelle vie, Ange va conjuguer salsa et karma.

Vous avez écrit le scénario à quatre mains avec Joël Callède. Était-ce simple?

Non, car il faut vraiment deux personnes qui s'entendent très bien. Mais nous avons su trouver une façon de fonctionner. Une fois l'histoire montée, Joël était responsable du suivi et moi plus en charge des dialogues. Une fois par mois, on se voyait en terrasse dans le vieux Bayonne et on faisait ensemble le découpage case à case. On arrivait à un story-board envoyé à Fred qui faisait alors le sien. Même texte, même support et deux façons de voir. Cela mériterait bien d'être publié en fin d'album pour que les lecteurs comprennent notre travail.

La musique tient une part importante dans cette histoire.

C'est vrai qu'elle résonne au fil des cases et rythme certains passages. Pour nous, c'est un élément narratif de plus dans «Karma Salsa».

Vous étiez et vous êtes d'ailleurs toujours musicien. Mais pourquoi être entré en BD?

Quand j'étais adolescent, j'ai «bouffé» de la BD. C'est un truc qui m'a parlé immédiatement. Mais j'ai opté pour la musique. J'ai une vingtaine d'albums à mon actif comme guitariste de jazz manouche. Je suis un musicien du rang, mais je vis de ma musique. Mais à un moment, j'ai ressenti une forme de lassitude et de routine. Et un copain m'a dit: «Tu devrais écrire des scénarios de BD». Alors j'ai plongé...

Après «Bourbon Street» (Bamboo) qui parlait de jazz, «Karma Salsa» un polar nerveux, quel est votre prochain projet?

Il s'appelle «Le Train des orphelins». Il est dessiné par Xavier Fourquemin. Le premier tome paraît chez Bamboo en octobre. Entre 1850 et 1929, il y avait 250 000 orphelins ou enfants perdus sur la côte est des États-Unis. On les mettait dans des trains et on collait des affichettes dans les gares pour indiquer l'heure à laquelle les gens pouvaient venir chercher ces enfants.

Recueilli par Denis Berche

«Karma Salsa T. 1/3». Philippe Charlot, Joël Callède et Frédéric Campoy. Dargaud.

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