Helmut Schmidt – «Angela Merkel n'est pas une Européenne née»
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Helmut Schmidt«Angela Merkel n'est pas une Européenne née»

La crise à laquelle doit faire face les pays de l'Union européenne résulte de l'absence de vision globale des politiques actuels, assure l'ancien chancelier Helmut Schmidt.

Pour l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, l'Allemagne ne peut exercer de leadership en Europe en raison de son passé. «Et ce sera le cas encore pendant longtemps», assure-t-il.

Pour l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt, l'Allemagne ne peut exercer de leadership en Europe en raison de son passé. «Et ce sera le cas encore pendant longtemps», assure-t-il.

AFP

«Auschwitz et le meurtre de six millions de Juifs tout comme la Guerre Mondiale de Hitler sont des événements qui sont ancrés dans l'inconscient des peuples européens, si bien qu'un rôle de leader de l'Allemagne en Europe est exclu, et ce sera le cas encore pendant longtemps», a déclaré M. Schmidt, 93 ans, une des figures politiques les plus respectées dans son pays.

S'exprimant lors d'un talk-show de la télévision publique, il a également critiqué la gestion de la crise de l'euro et le manque de vision des responsables politiques européens actuels. La crise «ne serait pas si grave s'il y avait au moins un (responsable) en Europe ayant une vue d'ensemble sur les quelques deux douzaines de problèmes qui se posent. Mais nous n'avons malheureusement pas cette personnalité politique en ce moment», a estimé l'ancien chancelier social-démocrate qui a dirigé l'Allemagne de 1974 à 1982.

«C'était une erreur d'accepter la Grèce»

Selon lui, la réforme des marchés financiers promise depuis des années n'a jamais été mise en œuvre car l'Europe «n'a pas l'énergie pour changer vraiment les choses». Il a également critiqué la chancelière Angela Merkel qui «n'est pas une Européenne née», contrairement à son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, selon lui. «Elle a un sens tactique certain mais la vue d'ensemble c'est une autre chose», a-t-il commenté, alors que Mme Merkel a subi des critiques parfois violentes ces derniers mois dans la presse européenne.

Il s'est par ailleurs dit favorable à l'idée de mutualiser une partie de la dette européenne, conformément à la position des sociaux-démocrates allemands, et a estimé qu'accepter la Grèce dans l'euro avait été une erreur. «C'était une erreur d'accepter la Grèce, mais on l'a fait et on doit maintenant en assumer les conséquences», a-t-il dit.

(L'essentiel Online/AFP)

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