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Covid-19Après deux ans de pandémie, l’avenir reste incertain

Deux ans après le début officiel de la pandémie de Covid 19, le monde s’approche-t-il enfin d’un retour à la normale? Impossible de répondre, tant les incertitudes sont nombreuses…

On vérifie la température des élèves alors que les écoles ont rouvert après une interruption de près d'un an due à la pandémie à Srinagar,  en Inde, le 2 mars 2022, 

On vérifie la température des élèves alors que les écoles ont rouvert après une interruption de près d'un an due à la pandémie à Srinagar,  en Inde, le 2 mars 2022, 

AFP

«Le Covid-19 va continuer mais la fin de la pandémie est proche», avançait en janvier le chercheur américain Christopher Murray, spécialiste en santé mondiale, dans la revue The Lancet.

Ces propos résument l’état d’esprit des autorités sanitaires dans de multiples pays en ce début 2022, deux ans après que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement qualifié le Covid de pandémie.

En Europe, des pays comme le Danemark, le Royaume-Uni et la Suisse ont levé l’essentiel de leurs restrictions, notamment le port obligatoire du masque et les pass sanitaires.

La «phase aiguë» bientôt terminée

L’idée, désormais, est de pouvoir «vivre avec» le coronavirus, car il est bien moins létal qu’à ses débuts grâce à l’efficacité des vaccins et à l’émergence récente du variant Omicron, moins dangereux que de précédentes incarnations. Nous vivons potentiellement la fin de la pandémie ou, du moins, de sa «phase aiguë» selon les termes de l’OMS, qui juge cette issue possible pour le milieu de l’année.

Un terme revient désormais souvent dans les discours publics: le passage en phase «endémique», c’est-à-dire une situation où le virus continue à circuler mais où le nombre de cas reste à peu près stable.

Mais la notion reste floue et certains scientifiques craignent qu’elle ne serve à justifier un relâchement excessif. «Une maladie peut être endémique et rester à la fois meurtrière et très répandue», prévenait fin janvier, le virologue Aris Katzourakis, dans la revue Nature, citant le paludisme et la tuberculose.

Des épidémies ou des vagues?

Le débat sur le caractère «pandémique» ou «endémique» du cru 2022 du Covid est trop binaire pour rendre compte du panel de scénarios possibles. Les épidémiologistes en retiennent au moins trois ou quatre. Ainsi, le Conseil scientifique britannique a détaillé en février, quatre cas de figure pour les années à venir.

Le plus optimiste imagine seulement de petites épidémies locales de Covid, qui tendraient à prendre le pas sur la grippe saisonnière. À l’inverse, le scénario du pire évoque des vagues particulièrement meurtrières, nécessitant le retour de restrictions conséquentes.

Cet éventail de scénarios dépend principalement de deux incertitudes: l’émergence de nouveaux variants, plus ou moins dangereux, et la capacité des vaccins à protéger durablement contre la maladie.

«On entend souvent l’idée fausse que les virus deviennent moins dangereux»

Aris Katzourakis, virologue

La question des variants explique que nombre d’épidémiologistes redoutent le «vivre avec» et recommandent de chercher à éviter au maximum la circulation du virus, même si la stratégie dite du «zéro Covid» apparaît désormais largement irréaliste vu la grande contagiosité d’Omicron.

Ils pointent qu’une forte circulation donne plus de chance au virus de muter en nouvelles incarnations, sans que l’on puisse prévoir à quel point celles-ci seront meurtrières.

«On entend souvent l’idée, idyllique mais fausse, que les virus deviennent de moins en moins dangereux au fil du temps», note M. Katzourakis. «Ce n’est pas le cas: rien ne prédestine un virus à évoluer (ainsi).»

Quel avenir pour les vaccins?

Mais quelle place pour les vaccins? C’est l’autre grande inconnue. Les vaccins anti-Covid ont largement contribué à rendre moins dangereuses les vagues épidémiques, mais garderont-ils cette efficacité?

L’apparition d’Omicron sonne comme un avertissement et un test. Le variant échappe en partie aux vaccins existants, guère efficaces pour empêcher l’infection. Certes, et c’est l’essentiel, ils continuent à largement empêcher les formes graves, mais cette perte d’efficacité sème le doute sur la stratégie de vaccination à venir. Faut-il plutôt chercher à adapter les vaccins à chaque nouveau variant dominant? C’était la promesse de l’ARN messager, une technologie novatrice derrière les premiers vaccins anti-Covid, ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna.

Reste une piste prometteuse: développer des vaccins visant plus large et résistant à l’apparition de nouveaux variants, voire capables de protéger contre d’autres coronavirus que celui derrière le Covid-19. En attendant, les épidémiologistes insistent sur l’urgence de partager les doses existantes avec les pays où la vaccination est encore peu avancée, afin d’éviter le déclenchement de nouveaux foyers épidémiques dans le monde.

(AFP)

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