Voierie luxembourgeoise – Après la neige place aux nids-de-poule

Publié

Voierie luxembourgeoiseAprès la neige place aux nids-de-poule

LUXEMBOURG – Les Ponts et chaussées sont à nouveau à pied d’œuvre, cette fois pour chasser les trous sur la chaussée provoqués par le fort dégel des derniers jours.

Les sautes de températures des dernières semaines, provoquant gels et dégels successifs ont largement entamé la surface des routes.

Les sautes de températures des dernières semaines, provoquant gels et dégels successifs ont largement entamé la surface des routes.

L'essentiel

«On est tous les jours sur le pont du soir au matin», explique Josy Bourquel, employé aux Ponts et chaussées, qui s’active dans le froid sur un rond-point alors que les nombreuses voitures passent tout près, presque sans ralentir.

Les changements de températures de ces dernières semaines, provoquant gels et dégels successifs, ont en effet largement entamé la surface des routes. «Les coûts pour les travaux de réparation sur les voies ne seront connus qu’à la fin de l’hiver», explique Danielle Frank, la porte-parole au ministère du Développement durable et des Infrastructures, contactée par L’essentiel Online. «Mais il est déjà certain que ceux-ci seront considérablement plus élevés que l’année passée.»

Adapter sa conduite

Si des communes comme Dudelange ou Wiltz ne rencontrent pas trop de problèmes, à Luxembourg-Ville en revanche, les agents municipaux tournent à plein régime, heures supplémentaires comprises. «On ne peut pas sortir la baguette magique et faire abracadabra, mais on fait tout ce qu’on peut», assure Claude Walisch, ingénieur à l’Administration des travaux et services techniques de la capitale luxembourgeoise.

À Differdange les problèmes risquent de durer: «Plusieurs de nos routes ne sont que très difficilement praticables», confirme John Scheuren, responsable du Service de Régie de la ville. Plusieurs travaux ne pourront être assurés qu’à partir du printemps.

Vitesse souvent limitée à 30 km/h

Des dégâts sur les routes qui peuvent être à l'origine de casses mécaniques, notamment au niveau de l'essieu ou des amortisseurs. Dans de tels cas, un remboursement des frais de réparation du véhicule est envisageable. Selon le ministère des Infrastructures, les accidents sur les autoroutes et les routes nationales ne font l'objet de remboursements que dans des cas exceptionnels. Pour éviter le pire, le ministère en appelle à la responsabilité des conducteurs. Ceux-ci doivent adapter leur conduite à l’état des routes.

Un raisonnement suivi par de nombreuses communes, comme le confirme John Scheuren, à Differdange. «Si le nid-de-poule était incontournable et tellement profond qu’il a réellement endommagé le véhicule, le propriétaire peut s’adresser à nous, photos à l’appui.» Et l'employé communal de rappeler tout de même qu'«à Differdange, la vitesse est très souvent limitée à 30 km/h et à cette vitesse il est quasiment impossible d’endommager son véhicule en passant un trou dans la chaussée.»

Kerstin Smirr/L'essentiel Online

Conseil pour la circulation

«Il est conseillé aux automobilistes de garder leurs distances pour pouvoir repérer les trous en formation à temps et les contourner» précise Roland Kalté de l’Automobile Club Luxembourg. Les nids de poule peuvent occasionner des dommages sur les pneus, les jantes, les essieux et les amortisseurs.

Facture salée en Allemagne

Le mauvais temps provoque non seulement de nombreux trous sur les chaussées allemandes, il creuse également de profonds déficits dans les budgets communaux. En Allemagne on estime à 3,5 milliards d’euros la somme nécessaire pour la réfection des routes. Après deux hivers très rudes successifs et la mauvaise maintenance du réseau, la facture pourraient même grimper jusqu’à 25 milliards d’euros.

6 millions d'euros nécessaires en Lorraine

«Nous sommes confrontés au phénomène des nids-de-poule sur les principaux axes, comme l’A31, l’A30 et la RN 52», dit David Mazoyer, chef de service à la division de l’exploitation de Metz et responsable d’environ 750 kilomètres en Lorraine et une partie de Champagne-Ardenne. Des mesures comme la neutralisation de voies et la limitation de vitesse auraient partiellement été prises. L’année dernière, 6 millions d’euros ont été investis pour faire disparaître les nids-de-poule sur ce réseau, sur un ensemble de 22 millions d’euros consacrés à la réparation des routes nationales.

Ton opinion