Résultats 2e trimestre 2022: ArcelorMittal a vendu moins d'acier mais plus cher

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Résultats 2e trimestre 2022ArcelorMittal a vendu moins d'acier mais plus cher

Le deuxième sidérurgiste mondial a annoncé, jeudi, un bénéfice net en baisse de 2% au deuxième trimestre, en raison d'un recul de la demande.

ArcelorMittal emploie 3460 personnes au Luxembourg.

ArcelorMittal emploie 3460 personnes au Luxembourg.

Editpress

Le bénéfice net du groupe ressort à 3,9 milliards de dollars contre un peu plus de 4 milliards l'an dernier, à la même période, la guerre en Ukraine et l'inflation commençant à affaiblir la demande d'acier. Sur l'ensemble du premier semestre en revanche, le bénéfice du groupe est en hausse de 27% par rapport au premier semestre 2021, à 8 milliards de dollars, grâce à un premier trimestre qui avait fortement bénéficié de la flambée des prix de l'acier. À la Bourse de Paris, le titre d'ArcelorMittal montait de 4,05% à 23,62 euros vers 9h25, dans un marché en hausse de 0,7%.

«Le conflit a un impact sur notre croissance et ajoute une pression inflationniste, qui se traduit par une diminution de la demande», a commenté le directeur général du groupe, Aditya Mittal, cité dans un communiqué du groupe. Au deuxième trimestre, la production d'acier d'ArcelorMittal a baissé de près de 18% par rapport à la même période l'an dernier, à 14,6 millions de tonnes. Sa production de minerai de fer a en revanche augmenté d'un peu plus de 7% sur un an, à 12 millions de tonnes.

The world's largest steelmaker ArcelorMittal CEO Aditya Mittal speaks during an academic session at the Ghent city hall on September 28, 2021, following the signing of a letter of intent with the Governments of Belgium and Flanders, supporting a 1,1 billion euro project to build a 2,5 million-tonne direct reduced iron (DRI) plant at its site in Gent, as well as two new electric furnaces. (Photo by John THYS / AFP)

Aditya Mittal.

AFP

Un acier plus cher

Le chiffre d'affaires du groupe reste en hausse d'environ 14,5% à un peu plus de 22 milliards de dollars au deuxième trimestre, légèrement au-dessus de ce qui était attendu par les analystes sondés par Factset. Cette progression est liée à l'augmentation des prix de l'acier, qui ont flambé depuis la fin de la pandémie avec la reprise économique. L'acier s'est vendu environ 30% plus cher au deuxième trimestre qu'un an auparavant.

Le groupe, qui emploie environ 26 000 personnes en Ukraine, avait suspendu ses opérations dans le pays au début de la guerre, fin février, avant d'annoncer en mai leur reprise progressive. Mais seul l'un des trois hauts-fourneaux ukrainiens a redémarré. Les ventes dans la zone dite "ACIS", qui comprend l'Afrique du Sud et le Kazakhstan en plus de l'Ukraine, ont ainsi chuté de 27% sur l'ensemble du semestre, par rapport au premier semestre 2021.

ArcelorMittal reste néanmoins optimiste pour la suite, car il estime que malgré l'affaiblissement ponctuel de la demande, celle-ci devrait continuer de croître.

Achat à 2 milliards au Brésil

En même temps que la publication de ses résultats, ArcelorMittal a annoncé la signature d'un accord avec le groupe brésilien CSP pour l'acquérir, à 2,2 milliards de dollars. La transaction est soumise à l'accord des autorités réglementaires et devrait être finalisée fin 2022, selon ArcelorMittal. CSP, ou Compagnie sidérurgique de Pecém, produit de la brame, de gros blocs d'acier qui permettent notamment de faire de la tôle. Il «exploite un haut-fourneau d'une capacité de trois millions de tonnes», précise le groupe.

Grâce à cette acquisition, ArcelorMittal espère renforcer sa position au Brésil, où il réalise déjà environ 20% de sa production d'acier. L'intérêt pour l'acquéreur est aussi de produire de l'acier à bas coût, car CSP bénéficie de diverses mesures d'incitation fiscale au Brésil. «Avec CSP, nous acquérons une entreprise moderne, efficace, bien établie et rentable», a commenté Aditya Mittal, dans un deuxième communiqué.

Réduction de ses émissions de carbone

Le groupe compte aussi sur un projet de l'État de Ceará de développer dans les années à venir un centre de production d'hydrogène vert à bas coût pour décarboner sa production. L'hydrogène peut en effet être utilisé pour transformer le minerai de fer sans émettre de CO2 et ArcelorMittal en produit environ 26 millions de tonnes par an.

Le groupe s'est fixé l'an dernier un objectif de réduction de 25% de ses émissions de carbone, d'ici à 2030, et promet d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050, mais sans prendre en compte ses émissions indirectes comme celles du transport des matières premières.

(AFP)

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