Arche de Zoé: Nicolas Sarkozy fustige une opération «illégale et inacceptable»

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Arche de Zoé: Nicolas Sarkozy fustige une opération «illégale et inacceptable»

Les Français en garde à vue au Tchad vont devoir se débrouiller tout seuls. L'«évacuation» de 103 enfants a été condamnée par les autorités françaises.

Dimanche après midi, c'est l'ambassadeur de France Bruno Foucher en visite à Abéché (Tchad) apris ses distances vis-à-vis de cette initiative qu'il a qualifié d'« opération complètement illégale».

«Les membres de Children Rescue (nom de l'opération menée par L'arche de Zoé) qui ont participé à l'ensemble de cette manipulation illégale répondront de leurs actes au Tchad», a-t-il ajouté.

Le président français s'en mêle

Dans la soirée, c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui s'est exprimé sur le sujet. «Le président a condamné cette opération qu'il a qualifiée d'illégale et d'inacceptable», a déclaré le porte-parole de l'Elysée David Martinon, en rapportant un appel du président de la République à son homologue tchadien Idriss Deby Itno.

«Le président a appelé le président tchadien pour faire le point sur la triste affaire de l'Arche de Zoé. (...) Le chef de l'Etat s'est enquis de la situation des Français arrêtés à Abéché (est du Tchad) et notamment des journalistes», a-t-il précisé.

Une source officielle tchadienne avait indiqué un peu plus tôt à N'Djamena que Nicolas Sarkozy avait aussi assuré son homologue «de tout son soutien» et lui avait promis de «faire la lumière» sur la tentative de transport d'enfants vers la France.

Neuf Français (trois journalistes et des membres de l’association) et sept Espagnols formant l’équipage de l’avion attendaient toujours une éventuelle inculpation. Leur garde à vue, prolongée 48 heures, s'achève lundi.

Pendant ce temps, en France, une «cellule de crise» sous la houlette de la secrétaire d'Etat Rama Yade est chargée de «suivre les conséquences humanitaires de l'opération montée par l'association». La cellule est aussi chargée de veiller à la situation sanitaire et l'état psychologique des 103 enfants.

Désolidarisation des autres ONG

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a eu «un entretien téléphonique» avec le président tchadien Idriss Deby Itno, «auquel il a exprimé sa solidarité avec les enfants», a annoncé le Quai d'Orsay.

Le ministre «a attiré l'attention du président Deby sur la situation des personnes détenues et a exprimé, par ailleurs, sa disponibilité et celle de Mme Rama Yade à se rendre au Tchad».

Dès le début de l'affaire, jeudi, la plupart des organisations humanitaires internationales présentes dans l'est du Tchad pour assister quelque 236.000 réfugiés du Darfour et 173.000 déplacés tchadiens se sont désolidarisées avec l'opération très controversée de l'Arche de Zoé.

avec afp

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