Nucléaire – Areva veut supprimer plus de 2 700 emplois

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NucléaireAreva veut supprimer plus de 2 700 emplois

Le groupe nucléaire français veut supprimer entre 2 700 et 2 900 emplois, dont 1 000 à 1 200 en France et 1 300 en Allemagne, dans le cadre de son «plan d'action stratégique».

Luc Oursel est arrivé à la tête d'Areva en juin. (AFP)

Luc Oursel est arrivé à la tête d'Areva en juin. (AFP)

Ce plan, qui vise à économiser 500 millions d'euros par an dès 2013, prévoit d'autres mesures majeures, notamment une réduction drastique de plus de 40% des investissements prévus d'ici 2016 ainsi que plusieurs cessions, dont les 26% qu'Areva détient dans le groupe minier Eramet, selon des sources proches du dossier. Sur le volet emploi, les réductions d'effectifs en France concerneront exclusivement les «fonctions support» (services juridique, financier, communication, ressources humaines...), où près d'un poste sur six sera supprimé.

En plus des départs en retraite et des démissions, un plan de départs volontaires va être mis en place pour ces activités, qui représentent un quart des 28 000 employés français d'Areva, détenu à 87% par l'État. Aucune fermeture de site industriel français n'est prévue «sauf en cas de report sine die de décisions de constructions de nouveaux réacteurs, comme celui de l'EPR de Penly», en Seine-Maritime, dont l'avenir est compromis, a indiqué une source.

20% des effectifs supprimés en Allemagne

En Allemagne, Areva va annoncer au lendemain de la validation de son plan des «mesures sévères» entraînant 1 300 suppressions d'emplois, soit 20% des effectifs actuels du groupe outre-Rhin. Il prévoit la «fermeture progressive» d'une usine, des réductions d'effectifs sur deux autres et la cession d'une quatrième. Aux États-Unis, les usines de combustible nucléaire de Lynchburg et Erwin (200 employés) seront fermées, de même que celle de Dessel en Belgique (150 employés).

L'objectif financier du plan est d'économiser 750 millions d'euros annuellement d'ici 2015, dont plus de 500 millions dès 2013. Aux suppressions d'emplois s'ajoute un important plan de cessions: Areva veut vendre les 26% qu'il détient dans le groupe minier Eramet (nickel, manganèse, alliages), valant au cours actuel environ 600 millions d'euros. Areva veut également céder sa participation majoritaire de 63% dans le groupe d'or canadien La Mancha (valant 160 millions d'euros au cours actuel) et céder sa filiale Canberra, numéro 1 mondial de la mesure nucléaire, pour boucler le financement.

Au niveau des investissements, Areva ampute considérablement son plan actuel, qui prévoit 12 milliards de dépenses d'ici 2016 et veut «essayer de se rapprocher d'une cible plus compatible avec la situation financière du groupe, de l'ordre de 7 milliards d'euros», selon une source proche du dossier. Le plan d'action stratégique avait été décidé en juin lors de l'arrivée à la tête d'Areva de Luc Oursel, dans la foulée de l'éviction d'Anne Lauvergeon, la patronne emblématique du groupe, et de l'accident nucléaire de Fukushima, qui a jeté une ombre sur l'avenir de l'industrie nucléaire.

(L'essentiel Online/AFP)

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