«Gilets jaunes» - acte VI – Attaqué, un policier dégaine et braque la foule
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«Gilets jaunes» - acte VIAttaqué, un policier dégaine et braque la foule

Trois motards de la police nationale ont été agressés par des manifestants sur les Champs-Élysées, samedi soir, en marge de la mobilisation des «gilets jaunes».

Pour son «acte VI» à trois jours de Noël, la mobilisation des «gilets jaunes» a fortement baissé samedi, de près de moitié par rapport à la semaine précédente, avec près de 40 000 participants dans divers défilés, barrages routiers et blocages aux frontières. S'ils ont parfois donné lieu à des heurts, aucun incident grave n'était recensé en début de soirée. Au total 220 manifestants ont été interpellés dans le pays, et 81 placés en garde à vue, indiquait en début de soirée la police. À Paris, la police a évacué en début de soirée les Champs-Élysées, à nouveau occupés en fin de journée mais sans les scènes de violences observées il y a encore deux semaines. Sur les Champs-Élysées, trois motards de la police ont été pris à partie par des manifestants, qui ont poussé à terre une de leurs motos et ont jeté des pavés et trottinettes sur les policiers. L'un des policiers a brièvement dégainé son pistolet.

La scène, d'une durée d'environ une minute, s'est déroulée au croisement de l'avenue George V et des Champs-Élysées, en fin de journée alors que les forces de l'ordre évacuaient progressivement les Champs. Les policiers ont été pris à partie par une vingtaine de personnes au moment où ils tentaient de remonter sur leur moto, dont l'une se trouvait à terre. Les manifestants leur ont alors notamment jeté deux trottinettes, des pavés et des pots de fleurs.

De leur côté les policiers ont répliqué avec une bombe lacrymogène, leur matraque ou en donnant des coups de pieds à certains agresseurs. L'un des policiers a aussi dégainé son pistolet en le pointant sur un manifestant, avant de le remettre rapidement dans son étui. Les motards, membres de la Compagnie de Sécurisation et d'intervention (CSI), ont réussi à repartir sur deux motos, la troisième restant couchée à terre, avant que d'autres policiers ne viennent la récupérer peu après.

La scène vue d'un autre angle

Selon la préfecture de police, un motard «qui avait été appelé sur un mouvement de foule, a été pris à partie, jeté à terre avec sa moto. Il s'est dégagé. La moto est endommagée mais pas abandonnée». La préfecture a ajouté qu'il n'y avait pas eu d'interpellation. «Nos forces de l'ordre ont été odieusement prises pour cible par des individus face auxquels elles ont réagi avec sang-froid et professionnalisme», a estimé le secrétaire d’État, Laurent Nuñez, dans un tweet.

«Un policier sort effectivement son arme en protection de ses collègues, il n'en fait pas usage, il protège ses collègues pour faire reculer les assaillants. Ce policier devra faire un rapport, ce sont les règles», a expliqué dans la soirée Laurent Nuñez, sur BFM-TV. «En face des policiers nous avons des gens qui ne respectent aucune règle, qui sont là pour tuer. Mais le policier lui, il va sans doute devoir se justifier quant à cet usage d'arme qui sera analysé. Mais il me semble qu'il sort son arme en protection de ses collègues», a-t-il répété.

Christophe Castaner a également réagi en considérant que les policiers avaient eu «une attitude exemplaire face à des attaques inqualifiables». Le syndicat Unsa-Police a dénoncé pour sa part «une tentative de lynchage sur les Champs-Élysées».

(L'essentiel/cga/afp)

Griveaux dénonce un «visage raciste et putschiste»

Derrière les violences qui ont marqué l'acte VI des «gilets jaunes» samedi, il y a «un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste», a dénoncé le porte-parole du gouvernement, Benjamin Grivaux.

M. Griveaux a notamment dénoncé le fait qu'«on lynche» des policiers, après la prise à partie de motards de la police par des manifestants sur les Champs-Élysées. Et à des images sur des réseaux sociaux d'une vingtaine de «gilets jaunes» entonnant devant le Sacré-Cœur «la quenelle de Dieudonné» sur le chant des Partisans, allusion au polémiste Dieudonné condamné plusieurs fois pour des propos racistes.

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