Terrorisme – Attentat à la frontière turco-syrienne
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TerrorismeAttentat à la frontière turco-syrienne

Au moins treize personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées, lundi après-midi, par l'explosion d'une voiture, apparemment piégée, dans un poste-frontière entre la Turquie et la Syrie.

Cette explosion a été provoquée par un véhicule portant une plaque d'immatriculation syrienne, a affirmé un responsable du ministère turc des Affaires étrangères, évoquant la probabilité d'un attentat à la voiture piégée. «Il y a 51% de chance pour que cette explosion soit une attaque terroriste», a indiqué ce responsable s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Trois Turcs et dix Syriens ont été tués par la violente déflagration, selon son décompte provisoire. «Il y a près de 50 personnes blessées, donc le nombre de morts pourrait encore augmenter», a poursuivi la même source.

Des dizaines d'ambulances ont été dépêchées sur place en provenance de la localité voisine de Reyhanli, dans la province turque d'Hatay, pour porter secours aux victimes. La police a rapidement interdit l'accès du poste-frontière, dont la grille a volé en éclats, à la presse. Selon les premiers témoignages, le véhicule à l'origine de l'explosion était stationné à une quarantaine de mètres du poste-frontière turc de Cilvezoglu, dans le long no man's land qui le sépare du poste frontière syrien de Bab al-Hawa. Une quinzaine d'autres véhicules ont été détruits par la violence de la déflagration, selon les images diffusées par les chaînes de télévision turques. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a écarté l'hypothèse d'un tir de mortier ou d'un obus pour expliquer l'explosion et évoqué l'hypothèse d'un kamikaze, sans plus de détail. «Il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion, l'enquête est toujours en cours», a-t-il déclaré sous couvert de l'anonymat.

200 000 réfugiés syriens en Turquie

Cette explosion est l'incident le plus grave intervenu à la frontière entre la Syrie et la Turquie depuis la chute, au début du mois d'octobre dernier, d'un obus tiré par l'armée fidèle au président syrien Bachar el-Assad sur le village frontalier turc d'Akçakale, plus à l'est, qui s'était soldé par la mort de cinq civils turcs.
À la suite de cet épisode, l'armée turque avait riposté à plusieurs reprises à des tirs d'obus visant son territoire en ouvrant le feu sur des positions de l'armée syrienne, faisant craindre un embrasement de la région. La tension est retombée depuis à la frontière entre les deux pays, désormais tenue côté syrien par des unités rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).

L'explosion de lundi intervient également dix jours après un attentat suicide contre l'ambassade des États-Unis à Ankara, qui s'est soldé par la mort du kamikaze et d'un agent de sécurité turc. Cet attentat a été revendiqué par un groupe d'extrême gauche turc interdit, le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C). Les États-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas ont déployé le mois dernier sur le sol turc, dans le cadre d'une mission de l'OTAN, six batteries de missiles sol-air Patriot destinées à protéger la Turquie d'une éventuelle attaque venue de Syrie.

Après l'avoir longtemps soutenu, la Turquie a tourné le dos au régime du président Assad, dont elle réclame avec insistance le départ depuis. Les autorités d'Ankara accueillent aujourd'hui près de 200 000 réfugiés syriens qui ont fui les combats qui déchirent leur pays depuis bientôt deux ans.

(L'essentiel Online/AFP)

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