Heurts dans le nord – Au Maroc, policiers et manifestants s'affrontent

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Heurts dans le nordAu Maroc, policiers et manifestants s'affrontent

La police est intervenue en force samedi soir dans la ville d'Al-Hoceïma, au nord du Maroc, pour empêcher toute manifestation d'ampleur en soutien au leader de la contestation.

La province d'Al-Hoceima est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort fin octobre 2016 d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures.

La province d'Al-Hoceima est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort fin octobre 2016 d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures.

AFP

Après une journée calme marquant le premier jour du mois de jeûne de ramadan, des incidents ont éclaté samedi soir tard quand des groupes de jeunes, ont commencé à se rassembler aux cris de «Vive le Rif» ou de «Nous sommes tous Zefzafi» et à converger vers le centre-ville. Les forces anti-émeutes sont intervenues presque immédiatement pour les disperser violemment à coups de matraques. «Pourquoi vous nous tapez?», s'exclamait l'un de ces manifestants, tandis que la plupart reculaient sous les coups, se mettaient à couvert dans les ruelles, et que d'autres lançaient des pierres sur les policiers.

Les incidents ont duré près d'une heure, et ont cessé vers minuit, heure à laquelle les rues sont devenues quasi-désertes, à l'exception des forces anti-émeutes, concentrées notamment sur la grande place de la ville, et de quelques petits groupes de jeunes disséminés dans l'obscurité des quartiers. Des heurts similaires ont été signalés dans la ville voisine d'Imzouren, où les forces de l'ordre sont là aussi intervenues pour disperser les rassemblements, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Le leader Nasser Zefzafi est en fuite

Dans la région du Rif, réputée frondeuse, la province d'Al-Hoceima est le théâtre de manifestations récurrentes depuis la mort fin octobre 2016 d'un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures. Au fil des mois, la contestation, menée par un petit groupes d'activistes locaux, a pris une tournure plus sociale et politique, exigeant le développement du Rif, -marginalisé selon eux- dans un discours identitaire teinté de conservatisme et de références islamiques.

Défiant le «maghzen» (pouvoir) depuis des mois par ses harangues enflammées, Nasser Zefzafi, le leader de ce mouvement est recherché depuis vendredi soir par la justice, après avoir interrompu le matin même le prêche d'un imam dans une mosquée de la ville. Il est accusé d'avoir «insulté le prédicateur», «prononcé un discours provocateur» et «semé le trouble», selon le procureur local. Selon l'Association marocaine des droits humains (AMDH) en revanche, c'est «l'insistance» de l'imam «à mobiliser les fidèles contre les manifestations» qui «a suscité l'ire des militants du hirak» présents, en particulier Nasser Zefzafi qui s'est estimé «directement ciblé par ce prêche».

(L'essentiel/AFP)

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