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Covid au Luxembourg«Avec 1 500 ou 2 000 cas, le suivi devient ingérable»

LUXEMBOURG - Paulette Lenert, ministre de la Santé, fait le point sur la situation sanitaire actuelle, le variant Omicron, ou encore l'obligation vaccinale.

Le gouvernement, notamment Paulette Lenert et Xavier Bettel, évoquera vendredi, la question de l'obligation vaccinale.

Le gouvernement, notamment Paulette Lenert et Xavier Bettel, évoquera vendredi, la question de l'obligation vaccinale.

Editpress/Julien Garroy

L'essentiel: Vous êtes vice-Première ministre depuis mercredi, qu’est-ce que cela change pour vous?

Paulette Lenert, ministre de la Santé: Rien pour l’instant, je suis toujours occupée par la pandémie. Quand je me suis réveillée ce matin, j’étais la même personne. Cela va un peu changer vendredi, puisqu’il sera de mon rôle de préparer le Conseil de gouvernement avec les collègues. J’ai un autre travail de préparation qui vient s’ajouter à ma routine quotidienne.

Le nombre d’infections au Covid-19 explose. La situation est-elle hors de contrôle?

Nous devons être l’un des seuls pays à assurer encore le contact tracing. Mais c’est vrai que nous approchons des quantités qui pourraient se révéler ingérables. Nous sommes passés à l’autodéclaration, qui fonctionne plutôt bien. Mais nous ne savons pas ce que le virus nous réserve en termes de dangerosité. Il faut encore attendre une bonne semaine pour juger de ce que fait le nouveau variant sur les hospitalisations.

Nous ne savons pas encore?

C’est sûr qu’Omicron est plus contagieux, nous avons les données pour l’affirmer, au Luxembourg aussi. Mais nous manquons de recul, même si nous observons ce qu’il se passe au Danemark et aux Pays-Bas. Nous ne voyons pas d’explosion au niveau des hôpitaux, mais les experts nous disent que c’est encore tôt pour juger.

Le dépistage et le suivi seront bientôt impossibles?

Clairement, lorsque l’on dépasse les 1 500 ou 2 000 cas par jour, cela devient ingérable. Ce sont des milliers de coups de fil à passer. Nous avons été précurseurs sur l’élimination de la quarantaine des vaccinés, ce qui soulage.

Que pensez-vous de l’obligation vaccinale?

Je ne suis pas réticente sur le principe, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. Je mets simplement en garde, car ce sont des discussions compliquées. En tant que juriste, je sais que nous tombons sur des questions sensibles. Il ne suffit pas de décréter l’obligation, il faut définir ce que cela signifie pour le particulier au niveau de son travail, de ses loisirs, des sanctions etc. Faut-il que l’obligation soit générale ou sectorielle, par exemple.

Ce n’est pas encore tranché?

Non. Les discussions sont en préparation, ce qui est une bonne chose. Nous risquons de passer des semaines sur ce sujet, alors que la pandémie continue et qu’il faut toujours préparer des lois Covid. Il est normal que nous parlions d’obligation vaccinale, car nous avons dépassé deux années de pandémie, avec une certaine part de non-vaccinés dans la société.

Voulez-vous «emmerder les non-vaccinés», comme le président français?

C’est un mot que je n’aurais pas choisi! (rires). Mais tout le monde est à bout de nerfs, nous voulons que cette pandémie cesse. Nous savons à ce stade que la vaccination est la seule issue. Mais je ne pense pas qu’envenimer le discours soit une bonne chose.

Envisagez-vous de lever certaines restrictions, quitte à demander aux non-vaccinés d’assumer les risques?

Cela dépend de la «pathogénité». Si le risque pour le système sanitaire est trop élevé, tout le monde en souffrira. Nous ne pouvons pas dire seulement: «Tant pis pour les non-vaccinés». Un certain pourcentage de gens vaccinés va quand même à l’hôpital et nous sommes encore dans l’inconnu avec Omicron. Nous devons à tout prix éviter le tri des patients.

La loi Covid n’est donc pas près de s’arrêter?

Non, je ne pense pas. Mais les choses peuvent évoluer rapidement, nous pouvons aussi avoir de bonnes nouvelles. Nous ne pouvons pas toujours avoir uniquement de mauvaises nouvelles, je m’attends aussi à ce qu’un jour, les choses se finissent!

(Propos recueillis par Joseph Gaulier/L'essentiel)

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