quelle stratégie? – Barack Obama face au défi de l'Etat islamique

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quelle stratégie?Barack Obama face au défi de l'État islamique

Le président américain érige la lutte contre les jihadistes ultra-radicaux en priorité, mais soulève des questions sur sa stratégie militaire en Irak.

Depuis l'île de Martha's Vineyard (nord-est), son lieu de vacances estivales, le président américain l'a affirmé avec force : la décapitation du journaliste américain James Foley par l'EI, qui «choque la conscience du monde entier» ne fait que renforcer la détermination des États-Unis à lutter contre «ce type d'idéologies nihilistes». Depuis plusieurs jours déjà, il assurait que la lutte contre l'EI, qui a conquis, depuis juin, des pans entiers du territoire irakien, se jouerait sur le long terme et que les frappes aériennes n'étaient limitées par aucun calendrier précis.

D'autant que Washington souligne à l'envi les résultats encourageants obtenus, en collaboration étroite avec les forces kurdes, après un peu plus de dix jours de frappes et les premiers revers infligés à l'EI, comme la reprise du barrage de Mossoul. «L'EI a des forces et des faiblesses», soulignait mardi le contre-amiral John Kirby, porte-parole du Pentagone. «Ils sont puissants, ils ont des ressources. Ils sont assez bien organisés pour un réseau terroriste. Mais ils ne sont pas non plus des géants, comme nous l'avons vu. A travers ces frappes, ils ont été atteints. Leurs capacités ont été endommagées. Et donc ils ne sont pas invincibles.»

Pour Stephen Biddle, spécialiste des questions de défense au sein du Council on Foreign Relations, le succès des frappes initiales, deux ans et demi après le retrait des troupes américaines d'Irak, ne doit cependant pas masquer les difficultés à venir. «Dans ce type de guerre, les premières frappes ont toujours un effet immédiat car elles permettent de détruire des cibles pas ou peu protégées», souligne-t-il. Mais une fois que les combattants s'adaptent, dispersent leurs équipements militaires et se mélangent à la population civile, la donne change profondément. «Cela ne signifie pas que les frappes deviennent inutiles mais elles sont de moins en moins efficaces», explique-t-il, mettant en avant la nécessité d'une stratégie militaire et politique à moyen terme.

(L'essentiel/AFP)

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