Basket-ball – Batum a joué au risque de se faire virer

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Basket-ballBatum a joué au risque de se faire virer

Bloqué par sa situation en NBA, l'ailier français Nicolas Batum a fait le forcing pour jouer cinq minutes face à l'Espagne dimanche à Paris-Bercy au risque d'y perdre le contrat de sa vie.

En ces temps où certains sportifs sont accusés de ne pas «mouiller le maillot» ou se font prier pour le porter, Nicolas Batum a fait le contraire en endossant la tunique bleue en dépit de tous les avis contraires. «Ma mère m'a dit non, ma copine m'a dit non, ma sœur, mes potes, mon agent, tout le monde m'a dit non. Et moi j'ai dit oui. Encore une heure avant le match Vincent (Collet, le sélectionneur) m'a dit: ‘Non, tu ne vas pas jouer’. J'ai dû le supplier», a raconté l'ailier télescopique de Portland, dont la situation contractuelle en NBA l'empêche toujours de jouer, en théorie.

«On ne se rend pas compte du geste qu'il fait en jouant aujourd'hui, de l'amour du maillot bleu qu'il démontre», a glissé l'un de ses proches. Car en mettant les pieds sur le terrain dimanche, l'ancien Manceau a pris un risque énorme: celui de s'asseoir, en cas de blessure, sur la somme de 45 millions de dollars, soit le montant attendu de son prochain contrat, puisqu'il n'est pas couvert tant qu'il ne l'a pas signé. «Je connaissais tous les risques, mais rien ne peut remplacer le feeling que j'ai eu. Je ne pouvais pas louper ça. Ces cinq minutes, c'était du pur bonheur», a expliqué Batum qui, à 23 ans, a fait preuve d'un sacré caractère pour imposer ainsi son choix à l'équipe et au staff.

«Serrer les fesses»

«Ça veut dire plusieurs choses, qu'il est jeune malgré tout et qu'ils aiment ça, que ce sont des grands passionnés et des amoureux du maillot bleu. Tony (Parker) m'a dit que dans la même situation il m'aurait sans doute demandé la même chose», a rapporté Vincent Collet, condamné à «serrer les fesses» pendant les cinq minutes passées par Batum sur le terrain. «Vincent était blanc pendant cinq minutes. Mais voilà, je me devais d'être là», s'est esclaffé Batum qui a mis à profit son maigre temps de jeu pour souligner à quel point il était indispensable aux Bleus avant de réclamer, en vain, deux minutes de jeu supplémentaires en deuxième période!

Auteur de quatre points, il a transmis à ses coéquipiers une passion contagieuse dans un match qu'il n'aurait voulu rater pour rien au monde. «Ma mère m'a dit d'y aller doucement. Je n'y suis pas allé doucement du tout! Je voulais montrer au groupe que j'arrive. Mon dernier match remontait au 21 avril. Ça m'a tellement manqué», a raconté le joueur, présent depuis le début de la préparation mais interdit de match jusque-là, et qui, juste avant le coup d'envoi, est allé embrasser sa maman dans les tribunes. «Il était à cran, ces cinq minutes vont l'aider à patienter encore un peu», a soufflé Vincent Collet qui espère récupérer définitivement son ailier en fin de semaine à Strasbourg pour le dernier stage des Bleus. Le joueur se veut résolument confiant. «Je sais que ça va se régler dans deux-trois jours maintenant. Je ne sais pas avec quelle équipe, ça va se faire mais ça va se régler. Et à Strasbourg, je vais être opérationnel», a conclu Batum après son exercice de haute voltige, sans filet.

(L'essentiel Online/AFP)

L'Espagne bat la France 75 à 70

Les basketteurs français se sont inclinés 75 à 70 en match amical face à l'Espagne, championne d'Europe en titre, dimanche à Paris-Bercy à douze jours du début des jeux Olympiques de Londres (27 juillet - 12 août).

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