Elections en Norvège – Behring Breivik fait chuter la droite populiste

Publié

Élections en NorvègeBehring Breivik fait chuter la droite populiste

Le parti du Progrès (FrP), formation de la droite populiste anti-immigration, semble être le grand perdant des élections locales organisées en Norvège, lundi.

Le parti travailliste du Premier ministre, Jens Stoltenberg, dépasserait les 33%. (AFP)

Le parti travailliste du Premier ministre, Jens Stoltenberg, dépasserait les 33%. (AFP)

A contrario, conservateurs et travaillistes sont vraisemblablement les grands vainqueurs de ces élections municipales et régionales, le premier scrutin à se tenir dans le pays scandinave dont la démocratie a été ébranlée par le carnage perpétré par l'extrémiste Anders Behring Breivik. Selon des projections réalisées sur la base de résultats très partiels, le FrP - dont Behring Breivik était membre jusqu'en 2006 - a recueilli aux alentours de 13%, soit 5,5 points de moins qu'aux précédentes élections locales de 2007.

Selon les politologues, ce recul, enclenché dès avant l'été, n'est toutefois pas directement imputable aux liens passés entre le parti et Behring Breivik, dont la formation s'est démarquée. Se présentant comme un croisé en guerre contre l'«invasion musulmane» et le multiculturalisme, l'extrémiste de 32 ans avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement de centre-gauche le 22 juillet, puis s'était livré à un massacre dans un rassemblement de jeunes travaillistes sur l'île d'Utoeya, près d'Oslo.

Idéaux démocratiques

Ces attaques, qui ont fait 77 morts au total, ont provoqué une forte mobilisation des Norvégiens autour de leurs idéaux démocratiques. Les chiffres de la participation n'étaient pas immédiatement disponibles mais, signe de cette mobilisation, le vote anticipé n'a jamais été aussi important.

Pris pour cible par Behring Breivik parce qu'il fait, selon lui, le nid de la société multiculturelle qu'il abhorre, le parti travailliste recueillerait environ 33%, en hausse de quelques points par rapport à 2007, alors qu'il semblait promis à une défaite cinglante avant le massacre. S'il se confirme, ce résultat serait, selon les politologues, un bon score pour la formation traditionnellement dominante de la scène politique norvégienne.

Mais, selon les projections, le grand vainqueur du scrutin semble devoir être le parti conservateur, crédité de plus de 25% des voix, phagocytant une partie de l'électorat de la droite populiste. Les jeux sont cependant serrés dans plusieurs grandes villes, dont Oslo, où droite et gauche sont au coude à coude.

(L'essentiel Online/AFP)

Ton opinion