Belgique: des députés flamands apaisent le jeu face aux francophones

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Belgique: des députés flamands apaisent le jeu face aux francophones

Une majorité de députés flamands a refusé jeudi la mise en discussion d'une résolution réclamant la fin de la Belgique. Un geste qui ne risque cependant de ne pas suffire.

Alors que les négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement sont toujours au point mort, le parti d'extrême droite flamand Vlaams Belang (VB) souhaitait lancer un débat au Parlement sur le "démembrement de l'Etat belge en vue d'accorder l'indépendance au peuple flamand et au peuple wallon souverains".

En séance plénière, le chef de groupe du Mouvement Réformateur libéral (MR, francophone) s'est opposé à la "prise en considération" de la proposition du parti indépendantiste, estimant qu'il ne s'agissait de "rien d'autre que d'une provocation".

Le parti centriste francophone CDH et le MR négocient depuis cinq mois avec les chrétiens-démocrates (CDV) et les libéraux flamands (VLD) un accord de majorité gouvernementale. Mais les discussions ont été arrêtées après que les députés flamands, usant de leur majorité, eurent voté le 7 novembre en commission la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit "BHV".

Un geste qui n'efface pas la «gifle BHV»

Celle-ci priverait les francophones de la périphérie flamande de Bruxelles du droit de voter pour des listes à Bruxelles. Même s'il a été bloqué par des recours, ce vote, rompant avec la tradition du compromis, est considéré comme une "gifle" par les francophones.

Jeudi, les députés chrétiens-démocrates, socialistes, écologistes et libéraux flamands ont, dans leur grande majorité, rejeté tout débat sur les propositions sécessionnistes du Vlaams Belang. Les partis francophones, tout en saluant le geste, ont toutefois souligné qu'il n'effaçait pas la "gifle" BHV.

Sur le fond, le "formateur" du gouvernement, le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, n'a toujours pas réussi à trouver un accord sur un projet de réforme de l'Etat convenant tant aux néerlandophones - qui réclament plus d'autonomie pour la Flandre -, qu'aux francophones, qui craignent qu'elle ne crée une concurrence entre les régions belges, voire qu'elle ne mène à l'éclatement du pays.

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