Nucléaire – Berlin finance le nucléaire français

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NucléaireBerlin finance le nucléaire français

L'arrêt de huit réacteurs nucléaires décidé par l'Allemagne en mars 2011, suite à la catastrophe de Fukushima, a rapporté 360 millions d'euros sur neuf mois à la France.

La centrale de Cattenom en Moselle.

La centrale de Cattenom en Moselle.

AFP

C’est ce qu’annonce une étude du cabinet SIA Conseil publiée mardi. Après le moratoire décrété par le gouvernement d'Angela Merkel, qui a conduit à la fermeture de huit réacteurs (dont un était déjà à l'arrêt), l'Allemagne a dû «à très court terme combler sa baisse de production en activant principalement ses moyens thermiques, réduire massivement ses exportations et devenir importateur sur certaines frontières», rappelle l'étude. Ces importations ont notamment eté opérées par les centrales de Cattenom en Moselle et Fessenheim en Alsace.

«La France a répondu à très court terme au besoin allemand en passant d'une situation importatrice à exportatrice sur leur frontière commune», ce qui a été rendu possible par une forte disponibilité des réacteurs français et une faible consommation intérieure liée à un climat doux, ajoute le cabinet, qui évalue le «jackpot» ainsi dégagé par l'Hexagone en vendant de l'électricité à l'Allemagne à 360 millions d'euros entre mars et décembre 2011.

«Les consommateurs européens vont devoir payer la note»

Le cabinet dit avoir effectué ce chiffrage en analysant d'une part les données sur les échanges d'électricité entre la France et ses voisins, qui montrent que la France est devenue soudainement exportatrice nette vers l'Allemagne suite au moratoire décrété outre-Rhin, et d'autre part sur un prix moyen du mégawatt-heure ainsi exporté évalué à 51 euros. SIA Conseil ajoute que «la France peut encore en 2012 espérer tirer des revenus supplémentaires en exportant vers l'Allemagne».

Cependant, le cabinet prévient qu'au final, «les consommateurs européens vont devoir payer la note» de la sortie allemande du nucléaire, «qui, selon l'estimation de certains opérateurs comme EON, avoisinera un surplus de 5 euros par mégawatt-heure sur leur facture d'électricité». En effet, l'Allemagne va devoir consentir de lourds investissements dans le démantèlement de ses réacteurs et les énergies renouvelables, et le prix du C02 va augmenter, des impacts qui devraient se propager à l'échelle européenne en raison de l'intégration grandissante des marchés nationaux de l'électricité et du CO2.

L’essentiel Online/

(AFP)

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