Italie – Berlusconi a eu chaud

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ItalieBerlusconi a eu chaud

Le chef du gouvernement italien a remporté mardi sur le fil du rasoir la confiance du Parlement, avec une minuscule majorité à la Chambre des députés qui lui évite la chute mais va rendre difficile l'action gouvernementale.

Les députés italiens votent ce mardi 14 décembre pour déterminer l'avenir politique de Silvio Berlusconi.

Les députés italiens votent ce mardi 14 décembre pour déterminer l'avenir politique de Silvio Berlusconi.

AFP

La motion de défiance a été rejetée par 314 voix contre 311 et deux abstentions, alors que le Cavaliere avait en revanche facilement remporté le scrutin à la chambre haute par 162 voix favorables sur 308, grâce à l'appui de son allié, la Ligue du nord. «Heureusement que Berlusconi existe. S'il n'existait pas il faudrait l'inventer. Je veux vous dire que la saison de Berlusconi n'est pas finie», a déclaré sur un ton lyrique Fabrizio Cicchitto, chef des députés du Peuple de la liberté (PDL), le parti de Silvio Berlusconi, lors du débat à la chambre basse. «Je veux dire aussi à Gianfranco Fini que celui qui brise l'unité de la droite aujourd'hui commet une erreur politique et se met en contradiction avec le vote populaire», a-t-il ajouté.

Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés et ex-allié de Silvio Berlusconi depuis 16 ans, ainsi qu'une trentaine de députés qui l'ont suivi après son expulsion du PDL, s'étaient engagés à mettre en minorité M. Berlusconi en votant une motion de censure présentée par les centristes. La réunion à la Chambre des députés a été extrêmement houleuse. Elle a même été brièvement suspendue après un début de rixe entre plusieurs élus de droite en raison de la défection de deux élues pro-Fini qui ont apporté leurs voix à Berlusconi.

«Un pays fatigué»

Avant le vote, Italo Bocchino, chef de file des députés finiens a tenu un discours très dur envers Silvio Berlusconi, l'accusant «d'avoir trahi la volonté populaire» des électeurs «en expulsant pour crime de lèse-majesté» Gianfranco Fini l'été dernier. Pier Ferdinando Casini, chef des démocrates-chrétiens de l'UDC, actuellement dans l'opposition, a déploré pour sa part «la marche vers le précipice» estimant que «le pays a besoin de changement». «Que vous ayez une voix en plus ou en moins, vous n'êtes plus en mesure de garantir la stabilité du gouvernement», a estimé Pier Luigi Bersani, chef du PD, la principale force d'opposition de gauche.

Ces dernières semaines, le gouvernement a été mis en minorité à de nombreuses reprises sur des projets de loi, dont la réforme de l'université ou le fédéralisme fiscal. Et Berlusconi a d'autres projets en cours d'élaboration dont une réforme de la justice, controversée, à laquelle il est très attaché. «Nous votons la défiance car là dehors il y a un pays qui veut changer, qui est fatigué», a ajouté M. Bersani, en allusion aux dizaines de milliers de jeunes qui manifestaient dans toute l'Italie contre le gouvernement.

«Changement de saison»

Le vote du Parlement s'est déroulé dans une capitale quadrillée par la police qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes aux lancers de pierres et d'œufs des étudiants. Pour les commentateurs, le vote du Parlement marquera de toute manière la fin d'un chapitre de l'histoire politique du pays. «Changement de saison», a titré l'éditorialiste du Corriere Massimo Franco, pour qui «il est juste de dire qu'une certaine droite s'achève aujourd'hui, même s'il est beaucoup moins évident de dire que le berlusconisme peut désormais être archivé». «La journée d'aujourd'hui marque le début de la fin de votre empire de carton-pâte. Vous êtes arrivé au terminus», a lancé Antonio Di Pietro, chef du Parti Italie des valeurs (IDV).

(L'essentiel Online)

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