Eboulements à Hiroshima – Bilan encore alourdi, mises en garde trop tardives

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Éboulements à HiroshimaBilan encore alourdi, mises en garde trop tardives

Le bilan des glissements de terrain s'est encore alourdi jeudi avec un total de 39 morts et 26 disparus, selon les médias, tandis qu'est pointée du doigt la réaction tardive des autorités d'Hiroshima.

Un précédent rapport officiel établi dix-huit heures plus tôt faisait état de 39 morts et sept disparus. Les recherches se poursuivaient péniblement toute la journée, avec plus de 2 500 pompiers, policiers et soldats des forces d'autodéfense dépêchés sur place. Aidés de bénévoles, ils oeuvraient sous une chaleur de plomb dans les décombres des arrondissements saccagés d'Asaminami et Asakita, 24 heures après la catastrophe. «Il y a encore beaucoup de disparus», a déploré le Premier ministre, Shinzo Abe, lors d'une réunion de crise. «J'ai ordonné d'employer tous les moyens pour les retrouver le plus vite possible et soutenir les réfugiés», a-t-il poursuivi. Tous les témoins parlent d'averses inimaginables, de bruits terrifiants et d'une forte odeur de terre au moment où s'est produite la catastrophe.

Parmi les victimes figurent deux frères de deux et 11 ans, piégés dans leur maison, ainsi qu'un garçonnet de trois ans mort dans les bras d'un sauveteur. Selon les médias, son père venait de le remettre à un pompier expérimenté de 53 ans, le suppliant de «sauver au moins cet enfant». Mais une nouvelle coulée de boue emportait le petit et l'homme venu secourir la famille. Les deux parents ont survécu. Les zones les plus touchées, au pied d'une montagne, ont été évacuées et un millier de personnes sont hébergées dans des lieux publics, par crainte de nouveaux effondrements ou parce que leur maison n'est plus habitable. Ces éboulements meurtriers de terre et blocs de pierre mêlés résultent de pluies diluviennes: il est tombé en trois heures plus d'eau qu'en un mois habituellement, selon les météorologues.

Analyse erronée, réaction tardive

Les autorités reconnaissent avoir mal analysé le danger et tardé à demander aux habitants de quitter leur maison. Alors que l'agence météorologique avait averti dès 22h00 mardi (15h00) du danger de très violentes pluies, la municipalité n'a constitué une cellule dédiée que trois heures plus tard, après une mise en garde formelle aux glissements de terrain, d'après les comptes-rendus des médias. Jusqu'à 1 780 employés municipaux se sont certes mobilisés en pleine nuit pour gérer la situation, mais il était déjà 03H30 et les éboulements avaient déjà commencé. L'évacuation a été ordonnée à 04H15 seulement, alors que la terre engorgée dévalait déjà depuis une heure les pentes montagneuses recouvertes de forêts, emportant maisons et véhicules.

Pas moins de 30 glissements se sont produits quasi simultanément, selon les premiers rapports des experts du ministère de l'Aménagement du territoire. Hiroshima est la région du Japon présentée comme la plus sensible à ce genre de phénomènes meurtriers en raison de la nature instable des sols: y sont recensés quelque 32 000 points de risque potentiel, sur 525 000 dans l'ensemble du pays qui compte 47 préfectures. «De toute façon, il faisait nuit et vu les trombes d'eau, il était difficile de sortir», a confié, résigné, un rescapé à la télévision.

Face à ce drame, l'Empereur et l'impératrice du Japon ont adressé un message de sympathie à la population endeuillée, un soutien moral toujours apprécié. D'après la presse, des mots de condoléances sont aussi venus de l'étranger, notamment du président de Russie Vladimir Poutine, et du gouvernement de Corée du Sud, des soutiens d'autant plus remarqués que le Japon est en froid avec ces deux pays. Après une accalmie, des pluies sont redoutées en fin de journée et, selon les experts, vu l'état actuel des sols, il suffirait de peu pour que se produisent de nouvelles coulées de boue. Selon l'agence météorologique, les conditions restent très instables du sud-ouest au nord du pays et d'autres régions présentent des risques de très violentes précipitations et de glissements de terrain.

(L'essentiel/AFP)

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