Au Luxembourg – BioneXt LAB attaque le gouvernement en justice

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Au LuxembourgBioneXt LAB attaque le gouvernement en justice

LUXEMBOURG - Le laboratoire BioneXt LAB dénonce une distorsion de concurrence sur l'attribution du Large Scale Testing.

BioneXt LAB attaque le gouvernement.

BioneXt LAB attaque le gouvernement.

Vincent Lescaut

Le Large Scale Testing (LST) s'est terminé mercredi soir avec la fermeture des huit stations. Ses trois phases ont coûté plus de 151 millions d'euros. Et l'attribution du dépistage par le gouvernement aux Laboratoires réunis et à la société Ecolog est dénoncée par la concurrence.

Devant la presse, jeudi, Jean-Luc Dourson, directeur du laboratoire BioneXt LAB a mené la charge. Sans remettre en cause «l'utilité du dépistage à grande échelle ou des tests gratuits, via prise en charge par l'État», le labo conteste les conditions d'attribution de ces marchés.

Appels d'offres absents

Jean-Luc Dourson et ses avocats mettent en cause une absence d'appels d'offres pour les phases 1 et 3 du LST, un appel d'offres biaisé (puis transformé en contrat négocié) en raison des conditions imposées (délai, réactif choisi... ). Le laboratoire souligne aussi que la «gratuité» des tests décidée cet été n'a bénéficié qu'aux Laboratoires réunis et à la société Ecolog, dont BioneXt conteste même les autorisations statutaires à pratiquer le dépistage.

BioneXt LAB a engagé des poursuites devant le tribunal d'arrondissement de Luxembourg (audience le 12 octobre) notamment sur les tests gratuits de la 3e phase et prépare une action pour réclamer des dommages et intérêts en raison de la «perte de chance d'avoir pu prendre part au LST et aux tests gratuits». D'autres actions seront menées à l'échelle européenne, par Me Sébastien Engelen et Jean Louis Dupont pour interroger la Commission européenne sur le fait que des règles de marché public et d'aide d'État ont été violées.

«Le patient pénalisé»

Enfin, sur la question de «l'urgence impérieuse» évoquée dans l'attribution des contrats, BioneXt LAB assure que le Large Scale Testing a débuté, via des tests, recrutements, commandes de matériel, dès mars 2020, ce qui aurait permis, selon le Dr Dourson, de mettre en place des conditions de concurrence.

BioneXt LAB s'inquiète également d'un nouvel appel d'offres lancé ces derniers jours pour un support à des équipes mobiles de vaccination qui auraient déjà été «choisies sans appels d'offres». Si BioneXt LAB a vu son activité augmenter avec la crise, le laboratoire estime notamment à travers ses démarches au niveau européen que le «patient» a d'abord été pénalisé. Ainsi, «l'absence de concurrence ne permet pas d'obtenir les prestations au juste prix et induit un surcoût», supporté par le contribuable, dénonce Me Jean-Louis Dupont. «La santé n'a pas de prix mais elle a un coût», a insisté le Dr Dourson.

Contacté par L'essentiel ce jeudi, le ministère de la Santé a précisé qu'il «ne se prononce pas sur une affaire juridique en cours». Ecolog et les Laboratoires réunis n'ont pas non plus voulu s'exprimer. En juillet, dans une réponse parlementaire, le ministère de la Santé avait défendu le principe du Large Scale Testing par rapport aux bons de dépistage, en invoquant «l'accès illimité» et des coûts inférieurs, notamment par rapport «à un test PCR effectué par un laboratoire d'analyses médicales».

(Nicolas Martin/L'essentiel)

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