Laurent Doucelance – «Blur nous a demandé des M&M’s, mais uniquement des verts»

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Laurent Doucelance«Blur nous a demandé des M&M’s, mais uniquement des verts»

Laurent Doucelance, le responsable de la communication des Eurockéennes, nous a donné un regard introspectif sur le festival qui se tiendra du 2 au 4 juillet, à Belfort.

L'organisateur du festival propose aux musiciens de se promener sur l'eau.

L'organisateur du festival propose aux musiciens de se promener sur l'eau.

L’essentiel: Quel est le trait spécifique des Eurockéennes?

Laurent Doucelance: C’est un vrai festival généraliste. On peut y voir des artistes hip-hop, métal, électros, world… Nous voulons dénicher des artistes dont on ne parle pas encore. Coldplay est par exemple venu quand il était encore peu connu. Amy Winehouse s’est déjà produite aux Eurockéennes en 2007. Nous provoquons aussi des rencontres artistiques. Cette année, Hindi Zahra part en Égypte pour répéter avec un orchestre traditionnel. Ils présenteront le résultat après aux Eurockéennes. Les gens s’attendent déjà à ces collaborations uniques.

Comment composez-vous votre affiche?

Nous réfléchissons quels artistes nous aimerions faire venir aux Eurockéennes. Nos deux programmateurs bougent énormément et voyagent dans des festivals un peu partout dans le monde pour découvrir des groupes. Puis, on voit si les artistes qu’on aimerait bien avoir sont disponibles. Parfois, nous provoquons aussi une venue. Nous nous unissons à d’autres festivals et proposons ainsi plusieurs dates à un artiste précis.

Quel rôle jouent les grosses têtes d’affiche là-dedans?

Elles provoquent la venue de nombreux spectateurs. Nous avons cinq scènes. 26 000 festivaliers remplissent l’espace face à la plus grande scène. Il est important de bien occuper cet endroit.

Combien de mois à l’avance commencez-vous à travailler sur l’affiche des Eurockéennes?

Plus d’un an avant l’édition. C’était par exemple le cas pour Depeche Mode que nous avons programmé en 2006. Les grosses têtes d’affiche préparent leurs tournées longtemps à l’avance.

Les relations personnelles jouent-elles un rôle important pour faire venir certains groupes?

Oui, nos programmateurs sont en relation constante avec les tourneurs. En France, les tourneurs sont les intermédiaires entre les organisateurs et les agents des artistes. Et puis, les relations se construisent. Olivia Ruiz est par exemple venue à trois éditions de suite. À chaque fois, son concert était différent.

Y a-t-il de la concurrence entre les festivals?

Oui. Les festivals ont un grand succès. Il y en a beaucoup qui se créent. Pendant le week-end des Eurockéennes, environ 50 autres festivals auront lieu en Europe. C’est au festival de se distinguer par son accueil qu’il offre aux artistes, sa programmation et son emplacement. Nous proposons par exemple aux artistes de capter leur spectacle. Ils peuvent s’en servir quand ils souhaitent sortir un DVD live. Sur le site, des navettes en bateau permettent aux artistes de se promener sur l’eau.

Et le budget joue aussi?

C’est une vente aux enchères puisque les possibilités live se sont multipliées. Le budget artistique a augmenté aux Eurockéennes. Nous avons dégagé d’autres sources de recettes pour ne pas augmenter le prix des billets. Des partenaires privés nous soutiennent par exemple.

Quel souhait le plus extravagant d’un artiste avez-vous réalisé dans le passé?

Je me souviens d’un artiste qui a demandé une pataugeoire avec des animaux en plastique pour ses enfants. Et Blur voulait des M&M’s, mais uniquement des verts. Alors, quelqu’un a acheté plusieurs paquets et les a triés.

Recueilli par Kerstin Smirr

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