Procès attendu – Bommeleeër, une affaire entre mythe et réalité

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Procès attenduBommeleeër, une affaire entre mythe et réalité

LUXEMBOURG - Lundi, débutera un procès attendu depuis des décennies au Grand-Duché. Un procès qui devra démêler un imbroglio juridico-politique sans précédent.

Aucune affaire criminelle n'aura autant marqué la conscience collective luxembourgeoise que celle de l'affaire dite «Bommeleeër». Le procès qui commencera lundi devant la IXe chambre criminelle de la Cour de justice de l'arrondissement de Luxembourg devrait être celui de tous les superlatifs. Sur le banc des accusés seront assis Marc Scheer et Jos Wilmes, deux anciens membres de la «Brigade mobile», cellule de l'ancienne section d'élite de la gendarmerie. Les deux hommes devront répondre de 18 chefs d'inculpation, dont tentatives d'assassinat, incendie criminel ou violation grave à la loi sur les armes. Ils sont également accusés, entre mai 1984 et mars 1986, à la fois d'avoir eux-mêmes et d'avoir aidé à faire exploser, à vingt reprises, des infrastructures, des bâtiments publics et des habitations privées.

Pas moins de 90 témoins seront appelés à la barre, enquêteurs, anciens membres ou membre encore actifs des forces de l'ordre ou magistrats, sans oublier plusieurs politiciens. Parmi eux, l'actuel Premier ministre, Jean-Claude Juncker, son prédécesseur, Jacques Santer ou bien encore l'ancien ministre de la Force publique, Marc Fischbach. À noter qu'un membre de la famille grand-ducale, dont le nom n'a pas été communiqué, doit également être entendu. Ce dernier pourrait cependant être Jean de Nassau, frère cadet du Grand-Duc Henri.

29 ans de rumeurs, hypothèses et tensions politiques

Avec pas moins de 135 heures et 45 audiences, programmées entre ce lundi 25 février et la fin du mois de mai, ce procès-fleuve doit lever le voile sur un chapitre méconnu de l'histoire de Luxembourg. Un procès historique qui sera donc retransmis sur écran vidéo dans la salle d'audience attenante à celle utilisée par les juges. À noter que seuls 59 membres de la presse ont été accrédités pour assister aux audiences.

Parmi les enjeux du procès, démêler le vrai du faux dans une affaire qui, en 29 ans, a fait l'objet de multiples rumeurs, tensions politiques et hypothèses parues dans les médias. Le ministère public défendra ainsi la thèse d'un complot fomenté par un groupuscule secret au sein de la gendarmerie, passivement soutenu par leur hiérarchie, pour démontrer les faiblesses sécuritaires du Luxembourg de cette époque. De leur côté, les deux avocats de la défense, Me Gaston Vogel et Me Lydie Lorang, chercheront à prouver que la série d'attentats est la conséquence des agissements de la cellule «Stay behind» et des actions des services secrets dans le cadre de la guerre froide. Aucune date pour le rendu du verdict n'a encore été donnée.

Michel Thiel/L'essentiel Online

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