Cycliste lorrain – Bouhanni cible de propos racistes «depuis huit jours»

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Cycliste lorrainBouhanni cible de propos racistes «depuis huit jours»

Le cycliste Nacer Bouhanni, 30 ans, Lorrain d'origine, a réagi après les insultes racistes subies depuis une semaine sur les réseaux. «Là, c'est beaucoup trop», pour le sprinteur.

«Pourquoi personne ne fait rien quand ce genre de personnes immondes m'envoient en permanence des "cochon" ou des "terroriste", "retourne dans ton pays sale maghrébin"?»

«Pourquoi personne ne fait rien quand ce genre de personnes immondes m'envoient en permanence des "cochon" ou des "terroriste", "retourne dans ton pays sale maghrébin"?»

AFP

L'ex-champion de France Nacer Bouhanni a réagi et annoncé son intention de déposer plainte après les insultes racistes à son encontre via les réseaux sociaux, suite à son déclassement pour le sprint de la course Cholet-Pays de Loire le 28 mars. «Bonjour à tous les petits plaisantins qui s'amusent depuis une semaine à m'écrire personnellement ou à commenter sur certains sites de cyclisme que je devrais retourner en Afrique, que je suis un criminel, que je suis un maghrébin qui a besoin d'être interné et qui m'envoient sans cesse des (têtes de cochon)!», a déclaré le Lorrain sur son compte Instagram.

«Sachez que je suis né en France et que je vais déposer plainte car cela fait déjà bien longtemps que je le subis et me tais mais, cette fois, je ne laisserai plus passer», a affirmé Bouhanni, qui possède une ascendance algérienne.

«Là, c'est beaucoup trop», a également déclaré le sprinteur de l'équipe Arkea-Samsic dans un long entretien au journal L'Équipe. «Ça fait déjà huit jours que je reçois des centaines de messages, ça tourne au harcèlement». Bouhanni a été déclassé pour sprint dangereux le 21 mars dans Cholet-Pays de la Loire. Il encourt une sanction de l'Union cycliste internationale (UCI).

«Je ne suis quand même pas le seul à voir ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Pourquoi personne ne fait rien quand ce genre de personnes immondes m'envoient en permanence des "cochon" ou des "terroriste", "retourne dans ton pays sale maghrébin"?», s'est interrogé Bouhanni, qui dit être en proie sans cesse à des insomnies. Le champion de France 2012 a dédouané le milieu du cyclisme: «Dans le peloton, en tout cas directement, je n'ai jamais été victime de racisme, en aucun cas. Dans les équipes où j'ai été, je n'ai jamais eu de souci. Je dis bien en direct parce qu'après, je ne suis pas là dans l'esprit des gens. Mais hors compétition, bien sûr que j'en ai reçu.»

«Je suis fier de mon prénom, je suis fier de mes origines, je suis français d'origine maghrébine, c'est comme ça», a résumé Bouhanni, l'un des coureurs le plus souvent victorieux dans le peloton (69 victoires dont trois étapes du Giro et de la Vuelta). Le Lorrain (30 ans) a couru dimanche la Roue tourangelle, dont il a pris la deuxième place derrière son compatriote Arnaud Démare (Groupama-FDJ). Il a prévu de participer mercredi au GP de l'Escaut en Belgique.

(L'essentiel/afp)

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