Duel pour SFR – Bouygues veut toujours prendre SFR à Numericable
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Duel pour SFRBouygues veut toujours prendre SFR à Numericable

Deux milliards de plus! Telle est la somme que le groupe Bouygues a ajouté à son offre, pour racheter SFR, malgré la préférence du propriétaire actuel, Vivendi, pour Numericable.

Le suspense sur le rachat de SFR est relancé, après la surenchère lancée par Bouygues avec l'appui de la CDC, bras financier de l'Etat, pour revenir dans l'arène et tenter de souffler la filiale télécoms de Vivendi au nez et à la barbe de Numericable. Bouygues est venu jouer les trouble-fête jeudi soir avec une nouvelle offre de rachat sur SFR, en augmentant de 1,85 milliard d'euros la part en numéraire, alors que Numericable et sa maison mère Altice sont depuis le 14 mars en négociations exclusives avec Vivendi, pour une durée de trois semaines.

Le groupe de Martin Bouygues propose désormais 13,15 milliards d'euros en cash - contre 11,75 milliards d'euros du côté d'Altice - et estime ainsi «apporter une réponse» aux attentes du conseil de surveillance de Vivendi qui avait retoqué son offre initiale. Mais surtout, il revient avec un nouvel allié financier et politique de poids, la Caisse des dépôts (CDC), déjà actionnaire à 3% de Bouygues, prête à apporter 300 millions d'euros. Ont également accepté de participer à cette nouvelle offre la famille Pinault et JCDecaux Holding. L'entrée de ces nouveaux actionnaires au tour de table du nouvel ensemble Bouygues Telecom/SFR permet à Bouygues de proposer désormais à Vivendi une part de 21,5% dans le capital du nouvel ensemble, contre 46% précédemment. Altice, lui, a mis le curseur à 32%.

Que va décider Bolloré?

Tous les regards sont désormais tournés vers Vivendi. «Juridiquement parlant, Vivendi n'a pas le droit de discuter avec d'autres parties pendant la période de négociations exclusives avec Altice-Numericable, il risquerait un recours en illégalité s'il le fait, avec de lourdes pénalités à la clé», affirme un spécialiste du secteur. Jeudi soir, Vivendi a confirmé avoir bien reçu «une nouvelle offre de Bouygues», et simplement «rappelé» que son conseil de surveillance avait décidé d'entrer en négociations exclusives avec Altice jusqu'à la date du 4 avril.

Ce weekend, Vincent Bolloré, premier actionnaire de Vivendi et vice-président du conseil de surveillance, avait justifié le choix d'Altice: «les deux propositions avaient été retenues et étaient intéressantes. Numéricable a apporté 450 millions d'euros supplémentaires de cash, 5.000 destructions d'emplois en moins, une plus grande facilité dans un rapprochement fibre-mobile», avait-il déclaré au Télégramme.

(L'essentiel/AFP)

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